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Iran – Mostapha Tajzadeh, un ancien ministre, révèle les tactiques du régime iranien contre sa principale opposition…

Un débat télévisé entre deux anciens responsables iraniens de factions rivales a fait apparaître des réalités accablantes sur les crimes commis par le régime des mollahs.

Lors d’un débat public diffusé par les médias publics, Mostafa Tajzadeh, ancien ministre de l’Intérieur par intérim pendant la présidence de Mohammad Khatami, et Alierza Zakani, un ancien député du parlement, de la faction du Guide suprême Ali Khamenei, ont discuté de différentes questions d’État et des évènements politiques qui se sont déroulés dans le passé.

Au cours du débat, Tazjadeh, qui est lié au camp dit ” réformiste “, a défié Zakani, un célèbre ” conservateur ” renommé, sur deux dossiers qui hantent le régime depuis des décennies.

Deux dossiers litigieux du passé

” Concernant les assassinats en chaîne, ils [les services secrets] ont suggéré à M. Khatami de mettre en œuvre un plan comme à Mashhad, c’est-à-dire de trouver deux membres des [Moudjahidine du peuple] pour les incriminer. Ils voulaient leur extorquer des aveux comme ils savent bien le faire “, a dit l’ancien ministre.

Dans cette seule phrase, Tajzadeh fait des révélations sur deux dossiers litigieux du passé : l’attentat à la bombe contre le Mausolée du 8e Saint des chiites dans la ville de Mashhad, qui a laissé 26 morts et plus de 300 blessés, le 20 juin 1994, et les “assassinats en chaîne”, une vague d’assassinats d’intellectuels et d’écrivains perpétrés par les services secrets en automne 1998.

Après l’attentats de Mashhad en 1994, le pouvoir en place avait tenté d’incriminer l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK) en diffusant des aveux télévisés d’un jeune homme prétendant être lié à cette organisation d’opposition.

Or, quatre ans plus tard, le 4 décembre 1998, Akbar Ganji, un ancien membre des services secrets, reconnaît que le tout était un coup monté de toute pièce par ces derniers dans le cadre d’une campagne de dénigrement contre la principale organisation d’opposition (interview avec le journal Sobh-e Emrouz du 4 décembre 1998).

Le même jour, un autre journal iranien, Aria, citant d’anciens membres des services secrets, précise que c’est Ali Fallahian, le chef des services iraniens qui a organisé l’attentat du Mausolée d’Imam Reza. D’autres aveux faits plus tard par divers officiels de l’époque n’ont laissé aucun doute sur la manigance.

Lors de son débat télévisé, Mostafa Tajzadeh révèle que les services secrets avaient proposé un scénario similaire pour les assassinats de 1998 à Mohammad Khatami, ce qui montre d’ailleurs que ce dernier qui a toujours joué le rôle d’un chef “réformiste” dans le sérail, était parfaitement au courant de tous les excès commis en secret.

Une tactique répétée

Les révélations de Tajzadeh lèvent le rideau sur une tactique répétée et vieillie du régime iranien : commettre des crimes atroces et les imputer à l’OMPI pour diaboliser ce mouvement d’opposition.

La tactique avait d’ailleurs été innovée par le fondateur de la République islamique, l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, qui avait accusé l’OMPI d’avoir mis le feu aux champs et aux cultures des agriculteurs iraniens en 1979.

Le scénario a été répété à maintes reprises pendant toutes ces dernières années encore. La propagande de la théocratie a notamment soutenu que l’OMPI a assassiné des Chiites ou des kurdes irakiens, qu’elle a elle-même orchestré des attaques aux missiles contre ses propres bases, etc…

La dernière en date a été la tentative d’attentat contre la conférence annuelle de l’OMPI à paris, le 30 juin 2018 : un véritable fiasco pour les services secrets iraniens : le complot a été déjoué par les services de trois pays européens, la France, la Belgique et l’Allemagne, et quatre agents secrets iraniens ont été interpellés et incarcérés à Bruxelles, dont un diplomate en poste à Vienne. Mohammad Javad Zari, le ministre iranien des Affaires étrangères avait réagi le lendemain, en prétendant que c’est l’OMPI elle-même qui a fomenté le complot, “pour nuire aux relations de l’Iran avec l’Europe” !

L’ampleur de l’absurdité des allégations produites dans ces mise-en-scène contre l’OMPI, sont à la hauteur des craintes que ressent la théocratie de Téhéran, du côté de ce principal mouvement d’opposition.

adcali.com 28 Janvier 2019

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