Ahmad Chamlou fait trembler les mollahs 10 ans après sa mort de Samar Azad

 

 

 

La veuve et les amis du célèbre poète iranien, Ahmad Chamlou, se sont retrouvés autour de sa tombe, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort. Comme les années précédentes, la police avait quadrillé le cimetière.

 

 

 

En effet, Aïda Chamlou s’est réunie avec un certain nombre de ses amis, et des personnalités du monde littéraire et artistique, lors de la cérémonie de commémoration d’Ahmad Chamlou, dix ans après sa mort. C’est en son souvenir, qu’ils se sont retrouvés autour de sa sépulture, le samedi 24 juillet 2010. Cette cérémonie a eu lieu dans des conditions difficiles, car dès le début, les forces répressives étaient présentes afin de contrôler la foule, en empêchant tout ceux qui admiraient ce grand poète, tant aimé des Iraniens, de se réunir, ainsi ils les ont prié de quitter les lieux. Aïda Chamlou, a déclaré durant sa courte interview avec le journaliste de l’IRNA : « Moi ainsi qu’un certain nombre de nos amis, comme les années précédentes, sommes réunis autour de la sépulture de Chamlou mais on nous a demandé de quitter les lieux. Nous avions l’intention de lire des prières puis réciter ses poèmes, en son souvenir pour la paix de son âme mais toutes nos tentatives ont été vaines. C’est pour cette raison que j’ai  immédiatement quitté le cimetière ».

 

 

 

Ahmad chamlou est né le 12 décembre 1925 à Téhéran, et décédé le 24 juillet 2000, à l’âge de 75 ans, suite à une longue maladie.

 

 

Ahmad Chamlou et son épouse

 

Aïda Chamlou a déclaré à propos de l’interdiction de la police de se réunir pour la cérémonie des 10 ans de la mort de son mari :

 

 

 

« Depuis sa mort en 2000, les commémorations ont toujours été perturbées par le climat de répression. Il y a quelques années, les forces répressives nous ont demandé de partir après avoir lu le fate-e (prière musulmane, récitée également en souvenir des morts). Qu’est-ce-qu’ils pensaient que nous allions faire, à part déposer quelques fleurs sur sa pierre tombale, allumer une bougie ou lire un poème. Je leur ai dis, si vous voulez vous n’avez qu’à nous pendre ou nous exécuter à la mitraillette. Je ne dois même pas venir me recueillir sur la tombe de mon mari ? En 2008, il était tard, nous marchions vers le cimetière, et la foule était une fois de plus mêlée à la police. Je me suis dis à moi-même, heureusement que tes yeux sont fermés, je ne voulais pas que Chamlou soit témoin de tout cela… ».

 

 

Les photos prises lors de l’anniversaire de la mort de Chamlou montrent la présence des forces répressives, dans le cimetière, qui entourent la tombe de Chamlou. Par ailleurs, il était également interdit de prendre des photos, ainsi le photographe qui a prit cette photo, a demandé à l’employé du cimetière de poser, afin de pouvoir prendre des photos de loin, de la sépulture de Chamlou entourée par les forces de police.

 

  

 

L’Horizon clair, Ahmad Chamlou

 

Un jour nous retrouverons nos pigeons

Et gentiment nous prendrons une jolie main.

 

 

Un jour où un hymne

Se réduira à un baiser

 

 

Et chacun verra

En autrui

Un frère.

Un  jour où ils ne fermeront plus les portes de chez eux

À clef

 

C’est une légende

C’est un cœur

Pour la vie, cela suffit.

 

 

Le jour où chaque discours signifiera aimer

Et que tu ne feras pas de discours, pour avoir le dernier mot

 

 

Le jour où les notes de chaque parole, sonneront l’hymne de la vie 

Que je ne m’essouffle pas à chercher la rime du dernier poème.

 

 

Le jour où de chaque lèvre, on entendra une chanson

Où un hymne se réduira à un baiser.

 

 

Le jour où tu viendras, pour toujours tu viendras

Ainsi la gentillesse et la beauté ne feront plus qu’un.

Le jour où nous donnerons encore des grains à nos pigeons…

 

J’attends ce jour

Même si ce jour-là

Je ne serais plus là.

 

En souvenir d’Ahmad Chamlou, poète de la Liberté.

Traduction Persan-français ADCALI

 

 

 

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