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Iran:La prisonnière politique Golrokh Iraee privée de contact avec son mari.

Les autorités pénitentiaires en Iran empêchent la prisonnière politique Golrokh Ebrahimi Iraee d’entrer en contact avec son mari emprisonné, Arash Sadeghi.

La prisonnière politique Golrokh Ebrahimi Iraee, actuellement détenue à la prison de Qarchak à Varamin, n’a pas le droit de rendre visite et d’appeler son mari, Arash Sadeghi, également prisonnier politique à la prison de Rajaï Chahr à Karaj.

Iraee, qui purgeait une peine de six ans de prison depuis octobre 2016 principalement pour avoir écrit une histoire non publiée sur la lapidation en Iran, a quitté la prison d’Evine à Téhéran le 8 avril 2019, après avoir libéré sous caution, fixée à 60 millions de tomans.

Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a examiné une nouvelle affaire déposée contre Golrokh Ebrahimi Iraee et Atena Daemi le 18 juin 2019, les condamnant à 2,1 années de prison supplémentaires.

Le 5 septembre 2019, l’avocat de Mme Iraee a annoncé que la cour d’appel de Téhéran avait confirmé une peine commune contre elles pour « insulte du Guide suprême » et « propagande contre l’État ».

Golrokh Ebrahimi Iraee a été de nouveau arrêtée le 9 novembre 2019 par 10 agents de la sécurité masculins qui n’ont pas présenté leur mandat d’arrêt.

Ils l’ont emmenée au centre de détention de Vozara, situé dans le centre-ville de Téhéran. Mme Iraee a été incarcérée dimanche 29 décembre 2019 dans le centre de détention de Vozara. Puis, elle a été emmenée à la prison de Qarchak où elle est actuellement détenue dans le quartier de Salamat.

Selon l’ordonnance émise par le juge Mohammad Baraei, chef de la première section du parquet, Golrokh Iraee devait être transférée à la prison d’Evine. Cependant, Gholamreza Ziaei, le chef de la prison d’Evine a refusé d’accepter Golrokh Ebrahimi Iraee dans sa prison.

Le mari de Mme Iraee, Arash Sadeghi, est actuellement incarcéré à la prison de Gohardasht (alias Rajaï Chahr), il est en mauvaise santé. Il purge une peine de 19 ans pour ses activités pacifiques. Il souffre d’un cancer des os (chondrosarcome) et a subi une opération l’an dernier, mais il a été renvoyé en prison avant d’avoir terminé sa chimiothérapie et d’autres traitements essentiels.

Source : Iran HRM

adcali.com 27 janvier 2020

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Iran: Ton regard souriant…

Lettre ouverte à la jolie fillette, habitante des huttes iraniennes, en bordure de la ville d’Ahvaz.

de Samar Azad.

Cela fait un moment que mes journées commencent avec toi, quand j’allume mon ordinateur je te vois sur mon fond d‘écran, mon regard croise ton regard, claire, éclatant, et débordant de sourire.

Lorsque je débute ma journée mon regard se tourne vers le tien et naturellement, quand je pense à toi et à tes congénères, mon cœur se serre.

Cela ne fait pas longtemps que j’ai trouvé ta photo sur internet, avant je vivais avec ton souvenir, maintenant tes yeux et ton sourire caché, dont on ne voit que le coin, et qui reflètent la générosité, s’inscrivent dans mon cœur.

Tu te souviens où je t’ai vu la première fois ? Il y a 45 ans, à Sarpor Zahab, peut-être même un peu avant cela, dans les quartiers pauvres de Khoramabad, ou peut-être étais-ce dans le Khouzestan, au Kurdistan, à Kermanshah, éventuellement à Kerman, peut-être encore dans le Balouchestan et..

Ton souvenir et celui de tous les enfants comme toi, issus de n’importe quelle région d’Iran, me reste ainsi, pour toujours. Je suis tellement impatiente de revenir vers vous, vers les huttes où vous habitez, en bordure des villes, pouvoir te retrouver, toi, et te dire tu vois ce que j’avais imaginé est finalement arrivé.

Cela fait Quarante ans , même en exile, vous ne me quittez pas dans mes souvenirs, vous me rappelez le travail et la lutte infatigable. Tu es probablement surprise et tu te dis, mais moi je n’ai qu’une dizaine d’années, comment pourrais-je être avec toi depuis Quarante ans, avec des milliers de kilomètres de distance ?! Ce n’est pas grave, j’expliquerais mon propos, plus tard. Mais crois-mois, crois-moi quand je me souviens de vous, vous symbolisez l’espoir et le renouveau, et même si je ne vous vois pas physiquement, vous êtes dans mes esprit et dans mon cœur. Ton regard me donne un sentiment de gêne et parfois de tristesse.

Tous les millions d’enfants, qui ces Quarante ans dernières années, en raison de la pauvreté ont dû abandonner l’école et ont été privés d’instruction, et obligés d’exécuter les plus lourdes tâches pour survivre.

Je n’oublie pas les orphelins devenus vendeurs des rues, ou drogués au crack ou à d’autres stupéfiants, ainsi que les millions d’enfants sans domicile, qui vivent dans des cartons, et sont exposés à tous les dangers de la rue.

De même que les enfants des huttes, qui survivent en bordure de Téhéran, comme Mahmoud Abad, et dont les maisons n’ont ni portes, ni fenêtres. Tous ces malheurs que vous devez supportez au quotidien à cause du régime de Khomeiny… Ma poitrine se serre, j’ai vraiment honte.

Je pense aussi à tous les enfants des campagnes, obligés de se mettre en danger de mort chaque jour, en traversant une rivière à l’aide d’une barque non sécurisée, afin de rejoindre ce qui leur sert d’école.

Les fillettes des campagnes des villes de Gombad et Machahr qui… comme toi doivent s’assoir sur le sol et la terre froide, au lieu d’un siège de classe d’école, et qui parce qu’elles n’ont pas d’école, doivent travailler dans le froid ou la chaleur.

J’éprouve de la colère et de la honte, à l’idée que tes camarades de classe soient obligés de porter un tableau noire, plus grand et plus lourd qu’eux, sur leur dos et leur épaules, pour le trainer ainsi d’un côté vers un autre…

Maintenant tu as compris pourquoi ton regard, bien qu’il ait un fond de gaité, me fait pleurer de tristesse, quand je pense à toi et à tous les autres enfants…

Ma chérie si tu n’as toujours pas compris pourquoi je me sens ainsi, je vais te raconter l’époque lointaine, cette époque que j’ai passée avec des enfants comme toi, tellement lointaine que toi et ta génération n’étiez pas encore de ce monde…

Je venais d’avoir 23 ans, j’étais enseignante dans une petite ville isolée dans l’Ouest de l’Iran. Bien que jeune, j’ai choisi de commencer mon travail dans un Collège de la ville de Sarpol Zahab, aux conditions de vies pénibles, probablement en raison de la maturité acquise dans l’environnement familial et social ou j’ai grandi. Parmi toutes les possibilités qui s’offraient à moi, j’ai choisi la ville de Sarpole Zahab, connue pour être une ville pauvre.

Ville à deux facettes, un côté pour les militaires et leurs familles, avec une certaine prospérité dans un quartier militaire avec des restrictions et très surveillée, et un autre côté de la ville, pour les habitants natifs de la ville, dans les quartiers pauvres de la ville, comme la plupart des villes frontalières iraniennes, à l’époque de la dictature du Shah…

C’est durant les premiers jours de mon activité professionnelle au Collège de Sapole Zahab, que j’ai vu ton regard pour la première fois, dans les yeux des enfants des campagnes de ma classe. Plus tard également, j’ai de nouveau vu ce regard, à maintes reprises, dans les différentes régions isolées d’Iran, dans le Sud et l’Ouest, jusqu’aux bordures désertiques de Kerman et Zahedan, pareillement, dans les yeux des petites filles malades, qui souffraient faute de soins, dans l’obscurité de leurs tentes dans les régions montagneuses, des frontières de l’Iran et du Pakistan, ainsi que lors de mon départ du pays…

Tu sais on peut lire dans les yeux des enfants, car avant de savoir parler ils communiquent avec leurs regards, quand tu grandiras, tu comprendras mieux ce que je veux dire. Ainsi ils disent la vérité, on peut lire dans leurs yeux ce qu’il y a dans leurs cœurs, comme c’est le cas pour les enfants des fours à briques…

Durant cette période de ma vie, j’essayais de lire et comprendre ce que dévoilaient leurs regards, et de me comporter avec eux comme ils le souhaitaient. J’ai passé des journées et des heures entières, près des enfants pauvres, je me souviens d’eux, les jours où nous lisions les livres de l’enseignant martyre Samad Behrangi (enseignant et célèbre auteur pour enfants, tué à l’époque du Shah, auteur notamment du petit poisson noire « mahi siah kouchoulou »), et je leur racontais les jours à venir, où je leur promettais qu’avec l’instauration de la justice et de la démocratie en Iran, finalement l’argent du pétrole et nos précieuses richesses, ne seront plus pillées par des dictateurs, ou dépensé pour financer la guerre ou la domination de d’autres pays, mais seulement pour l’éducation, la santé, et des conditions de vies appropriées pour tous les jeunes iraniens de ta génération et celle d’après. De plus, je leur racontais que des jours prochains, avec l’établissement de la démocratie et de la liberté pour tous, tout le monde bénéficiera du droit et de l’égalité. J’évoquais aussi beaucoup d’autres aspirations vielles de cent ans, transmis par nos pères, et qui en définitive se concrétiseront pour les générations futurs… Les jours où plus aucun enfant, n’aura un père prisonnier politique, ou condamné à mort, et qu’aucune mère ne sera contrainte de vendre son corps afin de payer les frais d’école de ses enfants..

Bref, peu après cela, j’ai quitté Sarpole Zahab mais j’ai vu encore d’autres enfants comme toi, à travers l’Iran, dans des quartiers pauvres ou isolés, ou dans des camps d’habitation de huttes (persan kapar nechin), d’un bout à l’autre du pays.

C’est pour vous, que des personnes de ma génération et moi-même, âgées alors de 4o ans, avons lutté, pour la liberté du peuple iranien et que nous continuons, lutte, dont je dois dire qu’à un certain degré, nous avons été victorieux.

Malheureusement le plus souvent les grands voleurs guettent l’instant opportun afin d’accéder à la richesse suprême. Peut-être que toi, tu ne sais pas ce que représente la démocratie pour les peuples, en particulier pour notre nation, qui de façon naturelle est très riche. Une grande richesse au sein d’un pays vaste… Tellement vaste, que le plus grand voleur du siècle, Khomeiny, à l’aide de certains, a prit l’avion de France, et sans aucune difficulté a atterrit en Iran, pour amener le plus grand des malheurs au peuple iranien, et cela au nom de Dieu. Voler tous les leviers démocratiques, et dépenser la richesse du pays pour financer la guerre et le terrorisme, remettre en cause la souveraineté de l’Irak, de l’Afghanistan, du Liban, du Yémen, jusqu’en Afrique et en Amérique Latine, pour se composer de nouveaux alliés, et finalement accéder à la bombe atomique.

Il faut néanmoins dire que les voleurs auraient bien été contents que nous participions avec eux aux pillages du pays, mais nous ne pouvions pas l’accepter, car depuis le début nous ne voulions rien pour nous-mêmes et tout ce que nous pouvions souhaiter c’était pour vous et les générations à venir.

C’est comme cela que les voleurs se sont imposés, et malheureusement non seulement votre situation ne s’est pas améliorée, mais il y a au contraire maintenant trois autres générations, de plus en plus pauvres, ainsi le nombre des habitations précaires comme les huttes ont largement augmenté. Cette fois, pas au sein des campagnes ou des villes isolées, mais autour des grandes villes, ainsi, même la capitale Téhéran n’a pas été épargnée.

En effet, durant les Quarante années de règne des mollahs, le nombre de pauvre a tellement décuplé, que l’âge de la prostitution a atteint dix ans et l’âge des plus jeunes drogués a également baissé pour atteindre, les moins de dix ans. Malgré tout cela, sans être désespérée pour l’avenir, cela me fend le cœur et parfois j’ai vraiment la gorge serrée.

Ma chérie, maintenant tu comprends pourquoi ton regard me donne une impression de honte et de tristesse ?! J’espère que tout ces malheurs passeront très vite mais l’amour que j’ai pour vous ne me permets pas d’être triste et sans espoir et cela m’aide à continuer sans cesse mes efforts et atteindre le plus vite possible mes espérances.

Les chiffres de la République Islamique d’Iran :

« Conformément, aux récentes déclarations du Centre de Statistiques iranien, 47 millions d’Iraniens ont moins de 4300 toman, c’est-à-dire moins de 4 euros de revenus par jour et par tête. En outre, les 47 millions d’Iraniens (en moyenne, familles de 6 personnes), sont au-dessous du seuil de pauvreté. »

D’après les calculs de ce même Centre, les 47 millions de personnes incluent environ 27 millions de familles citadines, et près de 20 millions familles, sont issus des campagnes.

Le Directeur du Centre de Statistiques iranien a déclaré :

« Les revenus de la classe la plus aisée de la population, sont équivalant au total des richesses du reste de la population ».

Au fait, sais-tu qui fait parti de cette classe privilégiée en Iran ? A l’époque du Shah, c’était 999 membres de familles, à savoir le Shah et 1000 autres personnes, proches du pouvoir, qui étaient désignées ainsi. Aujourd’hui, ce sont les personnes autour de Khamenei et de sa famille, ainsi que d’autres mollahs (et leurs familles) au pouvoir, qui règnent en Iran et entretiennent entre eux, la « Guerre des Loups », pour le partage des richesses du pays. Les Iraniens les appellent familièrement « Agha zadeh »…
Ma chérie, tu comprends pourquoi cela fait Quarante ans qu’avec ce régime honteux, les inégalités se multiplient, et pourquoi cette situation m’inspire de la tristesse envers toi et tes camarades ?! Ce régime s’essouffle et compte ses derniers moments…

Dans l’espoir de l’Iran démocratique de demain, rempli de vos sourires à tous, mes congénères et moi-même oublierons peut-être ces 40 années de honte.

adcali.com 1 septembre 2019

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Iran:La Franco-Iranienne Fariba Adelkhah victime du bras de fer avec Téhéran.

La chercheuse franco-iranienne a été arrêtée début juin par les gardiens de la révolution. Ils pourraient faire payer à la France des sanctions prises contre deux diplomates, après un attentat manqué en 2018.

MOYEN-ORIENT Détenue à la prison d’Evine, dans le nord de Téhéran, la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été arrêtée début juin par le service de renseignements des gardiens de la révolution, qui pourrait l’utiliser comme moyen de pression contre la France dans un jeu diplomatique sans pitié, alors qu’Em­manuel Macron cherche à éviter une confrontation armée entre la République islamique et les États-Unis. Chercheuse reconnue, soucieuse d’équilibre dans ses analyses, elle a pu recevoir la visite de sa famille et n’est pas maltraitée, selon son confrère et ami Jean-François Bayart.

Un nombre indéterminé de binationaux – en position de fragilité car l’Iran ne ­reconnaît pas leur statut – sont détenus en Iran. Parmi eux figurent plusieurs Britanniques et Américains, ressortissants de pays hostiles à Téhéran. À Evine, Mme Adelkhah a rejoint Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Irano-Britan­nique condamnée pour sédition à cinq ans de prison, dont l’état de santé se serait détérioré après trois années d’emprisonnement. En 2017, son mari avait affirmé que Nazanin était « utilisée comme monnaie d’échange par les gardiens de la révolution ». La presse britannique avait vu ensuite un lien – démenti par Londres et Téhéran – entre le projet de règlement d’une vieille dette de 450 millions d’euros envers l’Iran et une libération de Mme Zaghari-Rat­cliffe. Tout en niant que des binationaux servent de moyen de pression, l’Iran admet que ces prisonniers puissent faire l’objet d’échanges ponctuels. En fait, c’est pratiquement toujours le cas, les accusations d’espionnage généralement portées contre eux n’étant qu’un alibi. En avril, Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, a même « publiquement mis sur la table » une proposition d’échanger des Iraniens emprisonnés aux États-Unis contre des Américano-Iraniens détenus en Iran. Après avoir passé 544 jours à Evine, Jason Rezaian, l’ancien correspondant du Washington Post à ­Téhéran, fut libéré le 16 janvier 2016, au premier jour de l’application de l’accord sur le nucléaire, signé six mois plus tôt. Trois autres Américains recouvrèrent également la liberté, tandis que Barack Obama graciait quatre condamnés iraniens et commuait les peines de trois autres.
Sujet de recherche sensible

L’Iran a-t-il encore des comptes à apurer avec la France ? Il y a dix ans, la libération de la chercheuse Clotilde Reiss s’était soldée par le retour à Téhéran d’Ali Vakili Rad, condamné en 1994 à la réclusion à perpétuité pour avoir égorgé l’ancien premier ministre Chapour Bakhtiar. Une affaire remonte soudainement à la surface : l’attentat manqué le 30 juin 2018 contre un rassemblement en banlieue parisienne des opposants, les Moudjahidins du peuple. La France remit ensuite à la Belgique un suspect interpellé dans l’Hexagone et gela les avoirs de deux diplomates, Assadollah Assadi et Saeid Hashemi Moghadam, le premier étant présenté comme le commanditaire de l’attentat, imputé par les Français au service de renseignements du ministère de l’Intérieur iranien. Paris avait été furieux du « retour aux méthodes terroristes iraniennes » sur son sol. De son côté – et bien avant cette affaire -, Téhéran n’a jamais accepté que la France continue d’abriter une organisation considérée comme terroriste jusqu’en 2012 par les États-Unis. Emmanuel Macron a dit au président Rohani qu’il attendait « des clarifications » à propos de Mme Adelkhah. Mais Hassan Rohani a peu de pouvoir sur les gardiens de la révolution, qui dépendent du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. En pleines tensions entre l’Iran et l’Occident, la détention de Franco-Iraniens n’est pas une surprise pour les diplomates qui suivent l’Iran. Mme Adelkhah était l’un des derniers chercheurs à ­retourner travailler en Iran, sur un sujet assez sensible, lié à la place des religieux. Selon nos informations, son nom avait été évoqué ces derniers mois lors d’interro­gatoires d’autres Franco-Iraniens par les services de renseignements iraniens.

Le Figaro – jeudi 18 juillet 2019

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Iran:Pourquoi il est urgent de sauver Nasrin Sotoudeh.

La condamnation de l’avocate et militante des droits humains iranienne Nasrin Sotoudeh est d’une brutalité sans précédent. A l’heure où l’Iran vient d’être nommé à la commission des droits des femmes à l’ ONU, aux côtés de l’Arabie Saoudite, son destin ne concerne pas uniquement les citoyennes de l’Iran mais l’avenir des femmes du monde entier.

J’ai compris qu’ils m’ont arrêtée à cause de ma lutte pour les droits humains, la défense des droits des femmes et mon combat contre la peine de mort. Quoi qu’il en soit, on ne me réduira pas au silence déclarait Nasrin Sotoudeh à la veille de sa grève de la faim en août dernier.

Cette éminente avocate et défenseure des droits humains âgée de 55 ans vient d’être condamnée de façon sauvage par la justice iranienne. En plus des cinq ans qu’elle purge déjà depuis le 13 juin 2018 dans la sinistre prison d’Evin à Téhéran, les juges ont ajouté 33 ans supplémentaires et 148 coups de fouet. Comme le précise Amnesty International, c’est la condamnation la plus sévère recensée contre un défenseur des droits humains en Iran ces dernières années, ce qui laisse à penser que les autorités encouragées par l’impunité généralisée en matière de violations de droits humains, durcissent leur répression.

Les chefs d’accusation comprennent l’incitation à la corruption et à la prostitution, troubles à l’ordre public, rassemblement contre le régime, insulte contre le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei.

L’avocate et militante des droits humains, récompensée en 2012 par le Prix Sakharov, a été plusieurs fois emprisonnée dans des conditions effroyables pour son engagement. Ses luttes comprennent celle contre la peine de morts pour mineurs (73 exécutés entre 2005 et 2015), la persécution des journalistes et des avocats dissidents, dont Shirin Ebadi, lauréate du Prix Nobel. Les accusations de rassemblement contre le régime et troubles à l’ordre public se réfèrent à sa participation active à la création de la campagne ‘Un Million de Signatures’ en 2005 ainsi qu’au Mouvement Vert de 2009, opposant la réélection de Mahmoud Ahmadinejad et prélude aux révolutions arabes.

Ses prises de position en faveur de manifestations féministes sont les plus connues en Occident et constituent l’incitation à la corruption et à la prostitution. Elle a défendu de nombreuses femmes qui ont refusé de porter le hijab, voile obligatoire en Iran, et elle est même parue tête nue devant ses propres juges.

En attendant, le lendemain de la condamnation, les Nations Unies annonçaient la participation de l’Iran à Commission pour la condition des femmes, instance chargée de juger les violations contre les droits des femmes. L’Iran siège désormais aux côtés de l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar et le Koweït qui forment le bloc idéologiquement le plus fort parmi les 45 membres. Peut-on voir dans la condamnation de Nasrin Sotoudeh, la prémonition du devenir des droits de la moitié de la population de la planète sous l’égide de ce groupe de travail bien particulier ?

Au sommet annuel des activistes féminins (CSW 63) qui se tient actuellement aux Nations Unies à New York, la présidente de l’Assemblée Générale, María Fernanda Espinosa déclarait le 12 mars dernier que les droits des femmes traversaient une régression mondiale désastreuse. Si en 2015 on pouvait espérer que la disparité entre droits masculins et féminins serait éradiquée d’ici 30 ans, au rythme actuel il nous faudra 107 ans.

La condamnation de Nasrin Sotoudeh est d’une gravité extrême pour les libertés civiles de la population iranienne et celle du Moyen-Orient. Elle rappelle néanmoins l’urgence d’une vigilance accrue pour la préservation de la démocratie et des droits humains, en particulier ceux des femmes dans le monde entier. Des gouvernements populistes de droite en Europe de l’Ouest et de l’Est, tout comme en Amérique du Nord et du Sud se sont attaqués aux droits de base des femmes que l’on croyait longtemps acquis. Il en est de même dans de nombreux pays musulmans régis par des gouvernements islamistes.

Nasrin Sotoudeh est le symbole vivant de nos luttes et de nos espérances pour un monde qui ne doit pas sombrer dans l’obscurantisme. L’Iran a déjà été contraint, devant la pression mondiale, de faire marche arrière lors de précédentes condamnations d’activistes. Chacun de nous peut et doit agir.

#FreeNasreen
freenasrin
adcali.com 28 Mars 2019

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Iran : Deux exécution en public, une autre en prison.

Le régime iranien a exécuté deux prisonniers les 23 et 24 février derniers, selon les médias officiels.

Le premier homme a été exécuté le 23 février dans la prison de Shirvan, dans la province du nord du Khorasan, a rapporté l’agence de presse officielle Fars.

Selon les mêmes médias, un autre homme aurait été pendu en public le 24 février à Aqqala, une ville du nord du pays, située dans la province du Golestan.

adcali.com 27 février 2019

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Iran : Les conservateurs religieux annulent des concerts à Mashhad.

Un concert du populaire groupe de pop persan Hoorosh a été annulé par ordonnance judiciaire le 20 février 2019 à Firouzeh, dans le nord-est de l’Iran, une heure avant l’heure du spectacle, après qu’un puissant ayatollah local ait exercé des pressions sur les autorités.

À Semnan, à 110 km à l’est de Téhéran, certains journalistes ont également été empêchés de couvrir le concert d’un autre groupe, Rastak, car un responsable de l’Etat estime que leur musique est trop « joyeuse ».

Le gouverneur par intérim de Firouzeh, Abolfazl Hakimpour, a déclaré le 20 février à l’agence de presse iranienne IRNA que le concert de Hoorosh avait été annulé alors même que « tous les permis nécessaires avaient été obtenus et que le spectacle ne posait aucun problème ».

Firouzeh, qui compte 43 000 habitants, est située à 91 km à l’ouest de Mashhad, chef-lieu de la province iranienne du Khorasan Razavi, où de puissants conservateurs religieux ont, à plusieurs reprises, bloqué des événements musicaux officiellement autorisés en affirmant qu’ils violaient les principes islamiques.

« L’islam interdit le genre de musique vaniteuse et inutile qui répand la vulgarité », a déclaré l’ayatollah Ahmad Alamolhoda, dirigeant ultra-conservateur de la prière du vendredi à Mashhad, lors d’une réunion avec les directeurs d’instituts autofinancés de musique persane « authentique », le 31 janvier 2019.

« Le problème est la manière dont la musique est jouée », a déclaré Alamolhoda, ajoutant qu’il ne s’opposait pas à la musique « qui n’est pas vaniteuse ».

« Mais nous devons garder à l’esprit que les tyrans de l’histoire ont utilisé la musique pour diffuser la vulgarité », a-t-il déclaré.

Mais à ce jour, aucune procédure de ce type n’a été mise en place et Mashhad reste une zone où aucun concert n’a lieu.

A Semnan, Sima Rajabi, directrice adjointe du ministère de la culture et de l’orientation islamique, a déclaré que la couverture médiatique d’un concert de Rastak n’était pas autorisée, à l’occasion du 34e Festival de musique de Fajr, le 20 février, parce qu’il avait interprété son spectacle avec trop de gaîté.

« Ce groupe joue une musique joyeuse et si des extraits de sa performance sont publiés sur les réseaux sociaux, l’ennemi en profitera », a déclaré Rajabi dans une interview accordée à IRNA le jour du concert.

« Il y a aussi des femmes qui jouent des instruments dans ce groupe et par conséquent, il est absolument interdit aux médias de prendre des photos ou de filmer », a-t-elle ajouté.

Source : Le Centre pour les droits de l’homme en Iran

adcali.com 24 février 2019

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Iran : Le régime refuse d’adopter un projet de loi visant à empêcher la violence à l’égard des femmes.

Publié le 23 février 2019.

Le pouvoir judiciaire iranien a demandé la révision du projet de loi sur la sécurité des femmes face à la violence, exprimant des doutes sur la possibilité que les lourdes peines prévues dans le projet de loi pour sanctionner la violation des droits des femmes affaiblissent la structure familiale, par exemple en emprisonnant un homme pour avoir battu sa femme.

Mohseni Eje’ii, porte-parole du pouvoir judiciaire, a déclaré : « L’objectif de l’adoption de ce projet de loi est de renforcer l’environnement familial afin que les femmes, les conjoints et les autres se sentent en sécurité à tous égards. Maintenant, la question est de savoir si les articles contenus dans le projet de loi PSW offrent ou non une telle sécurité (…) Le projet de loi contenait des failles si grandes qu’il n’était pas possible de le modifier. La solution consiste à rédiger un projet de loi totalement différent. »

L’adjoint à la culture du pouvoir judiciaire, Hadi Sadeqi, a déclaré qu’il était impossible pour le projet de loi de soutenir les femmes si leurs maris étaient envoyés en prison, estimant qu’emprisonner les auteurs d’actes de violence conjugale est « le plus grand coup porté aux femmes et aux familles (…) Quand une femme fait emprisonner son mari, cet homme ne peut plus jamais être son époux, et la femme doit accepter le risque de divorcer à l’avance. »

Le régime ne prend pas la violence contre les femmes au sérieux, en particulier lorsque le mari en est l’auteur. Alors qu’on sait l’impact dévastateur de la violence conjugale sur la femme et sur la famille dans son ensemble. En effet, si les mollahs se penchaient sur la cause fondamentale de la plupart des cas de femmes condamnées à mort, de suicides et des cas de fugues, ainsi que sur l’augmentation du nombre de divorces, ils découvriraient que la majorité d’entre eux sont liés à la violence conjugale.

Les mollahs bloquent le projet de loi contre la violence faite aux femmes depuis 13 ans. Par ailleurs ils arrêtent les femmes qui protestent contre le port obligatoire du hijab et refusent d’augmenter l’âge minimum pour le mariage des filles qui est actuellement à 15 ans.

adcali.com 24 février 2019.

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menacés d’exécution imminente en Iran. Un jeune prisonnier iranien, qui a été condamné à mort à l’âge de 15 ans à peine, est sur le point d’être exécuté,

d’après ce que les responsables pénitentiaires ont déclaré à sa famille.

Mohammad Kalhori a été condamné à mort alors que le rapport du médecin légiste indique qu’il n’avait pas atteint la maturité au moment où il aurait commis un meurtre, en raison d’un trouble mental, et souffrait de dépression.

Son avocat, Hassan Aghakhani, a déclaré : « Malheureusement, la famille de Mohammad a été informée que le verdict sera bientôt exécuté. »

Le tribunal pénal a d’abord condamné Kalhori à sept ans de prison et lui a ordonné de verser le prix du sang à la famille de la victime, mais cette décision a été annulée par la Cour suprême.

Ainsi, peu après ses 18 ans, Kalhori a été condamné à mort pour le meurtre de son professeur en 2014.

En juin 2018, deux experts des droits de l’homme de l’ONU ont exhorté les autorités iraniennes à suspendre l’exécution.

Agnes Callamard, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, et Renate Winter, présidente de la Commission des droits de l’enfant des Nations Unies, ont écrit : « L’Iran s’est engagé à interdire l’application de la peine de mort pour toutes les personnes de moins de 18 ans en ratifiant le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention des droits de l’enfant. En tant que telle, cette exécution est illégale et arbitraire.

L’Iran fait partie des quelques pays qui continuent d’exécuter des délinquants juvéniles. Il est illégal d’exécuter quelqu’un pour des crimes commis avant l’âge de dix-huit ans, selon le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Convention relative aux droits de l’enfant, deux traités auxquels l’Iran est partie, mais le régime n’a montré aucun signe de cessation.

En février 2018, le chargé des droits de l’homme de l’ONU a appelé l’Iran à mettre un terme aux exécutions de mineurs.

Zeid Ra’ad Al Hussein a déclaré : « L’exécution de délinquants juvéniles est clairement interdite par le droit international, quelles que soient les circonstances et la nature du crime commis. »

On estime qu’il y aurait au moins 80 délinquants juvénile dans le couloir de la mort.

adcali.com 20 février 2019.

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“Mon Dieu, donnez-moi la mort en prenant position, c’est mieux qu’une vie assise sous l’oppression.”

Les manifestations de 2011 ،Martyrs de la pour la libération de l’Iran.
nt été abattus par des hommes sur des motos qui, selon leurs amis, portaient la marque du paramilitaire iranien Basij.
Après que M. Mokhtari ait été abattu, il est brièvement tombé au sol, mais il s’est levé et a continué de marcher pendant un certain temps alors que le sang trempait sa chemise, ont déclaré des témoins. Il a dit qu’il allait bien, selon [un] ami, mais qu’il est décédé à l’hôpital le lendemain.

… trois jours avant sa mort, M. Mokhtari écrivait sur son mur Facebook: “Mon Dieu, donnez-moi la mort en prenant position, c’est mieux qu’une vie assise sous l’oppression.”

adcali.com , 17 février 2019

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Une ancienne officière de l’US Air Force accusée d’espionnage en faveur de l’Iran.

Monica Witt, 39 ans, ancien officier de l’US Air Force, inculpé pour avoir aidé l’Iran dans une opération de cyber-espionnage visant ses anciens collègues.
Les autorités américaines ont accusé mercredi l’ancienne officière du renseignement de l’armée de l’air, Monica Witt, d’avoir aidé l’Iran à lancer une opération de cyber-espionnage visant ses anciens collègues après son départ des États-Unis.

Selon le ministère américain de la Justice, Witt, 39 ans, a rassemblé des dossiers sur huit agents des services de renseignements militaires américains avec lesquels elle avait travaillé pour des pirates iraniens, qui ont ensuite utilisé Facebook et le courrier électronique pour essayer d’installer des logiciels espions sur leurs ordinateurs.

Elle est revenue en Iran en 2013 et y réside probablement encore, ont déclaré des responsables américains.

” Elle a décidé de se retourner contre les États-Unis et de réaffirmer sa loyauté envers l’Iran”, a déclaré Jay Tabb, directeur adjoint du FBI pour la sécurité nationale. “Sa principale motivation semble être idéologique.”

Washington a également accusé quatre ressortissants iraniens impliqués dans les cyberattaques. Des responsables américains ont également imposé des sanctions à une société iranienne, Net Peygard Samavat Company, qui aurait mené l’opération de piratage, et à la société d’événements iraniens, New Horizon, qui travaillait pour recruter des participants étrangers.

Witt fait face à deux chefs d’accusation de fourniture d’informations militaires à un gouvernement étranger et de complot contre les intérêts nationaux.

Selon un acte d’accusation non scellé publié mercredi, Witt a servi en tant qu’officier du contre-espionnage dans l’armée de l’air de 1997 à 2008, avant de travailler comme sous-traitant pendant deux ans.

Pendant ce temps, elle a obtenu des autorisations de sécurité de haut niveau, a appris le farsi dans une école de langue militaire américaine et a été déployée à l’étranger pour des missions de contre-espionnage au Moyen-Orient.

Witt semble s’être retournée contre les États-Unis peu de temps avant février 2012, alors qu’elle s’était rendue en Iran pour assister à la conférence New Horizon dans laquelle figurait une propagande anti-américaine.

Lorsque le FBI l’avait averti que les services de renseignement iraniens tentaient de la recruter, Witt aurait promis de ne pas parler de son travail de contre-espionnage si elle revenait en Iran.

Mais plus tard cette année-là, elle a aidé un responsable irano-américain anonyme à produire un film de propagande anti-américain. ” Je m’efforce de mettre à profit la formation que j’ai reçue au lieu du mal “, a-t-elle dit à cette personne dans un courrier électronique.

En février 2013, Witt est retournée en Iran pour une autre conférence de New Horizon et a indiqué aux responsables locaux qu’elle souhaitait émigrer.

Elle a fait face à la résistance pendant des mois.

” J’espère seulement que ma chance avec la Russie sera meilleure à ce stade “, a écrit Witt à son contact américano-iranien en juillet. ” Je commence à être frustré par le niveau de suspicion iranien.”

Elle a fait défection avec succès en août 2013, après avoir fourni un résumé et un “récit de conversion” à son contact. ” Je signe et je pars! Je rentre à la maison”, a-t-elle écrit alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour son vol Dubaï-Téhéran.

Doté de logements et d’équipements informatiques par le gouvernement iranien, Witt a retrouvé les agents de contre-espionnage américains avec lesquels elle travaillait auparavant sur Facebook, selon l’acte d’accusation.

Les pirates iraniens ont ensuite mis en place de faux personnages Facebook pour se lier d’amitié avec ces agents et tenter d’installer des logiciels espions (spywares) permettant de suivre l’activité de leur ordinateur, a précisé l’acte d’accusation. Les pirates ont réussi à accéder à un groupe d’agents du gouvernement américain sur le Facebook.

Les ressortissants iraniens Mojtaba Masoumpour, Behzad Mesri, Hossein Parvar et Mohamad Paryar ont été inculpés d’intrusion dans un ordinateur et de vol d’identité.

Mesri, Masampour et Parvar font également face à des sanctions pour leur implication dans Net Peygard, selon le département du Trésor américain.

L’US Air Force a ajusté ses mesures de sécurité pour prévenir des incidents similaires à l’avenir, a déclaré Terry Phillips, agent spécial au Bureau des enquêtes spéciales de la Force aérienne.

(Avec Reuters)

adcali.com 15 février 2019