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Grèves et rassemblements de protestation dans différentes villes d’Iran

Le soulèvement en Iran

Les manifestations et les grèves des ouvriers d’usine et d’autres couches pauvres ainsi que des ouvriers des sections des services et ceux qui ont été spoliés par les institutions affiliées aux gardiens de la révolution (pasdaran), au pouvoir judiciaire et à d’autres organes répressifs, se sont poursuivies mardi 6 février 2018 pour revendiquer leurs droits violés. Voici quelques-unes de ces manifestations :

1. A Mahshahr, un assaut des forces répressives pour arrêter un individu a provoqué un conflit entre ses proches et les forces de l’ordre. La jeunesse courageuse de la région a riposté avec des pierres et des bâtons pour faire face aux agents.

2. A Téhéran, la station Khavar Shahr Basij, District 15 (début de la rue Khavaran) a été incendiée.

3. A Malayer, la succursale centrale de Refah Bank, située dans la rue Qa’im Maghami, a été incendiée.

4. En silence, les travailleurs de l’usine de canne à sucre Haft Tapeh ont poursuivi leur grève pour la septième journée consécutive. Après que les forces répressives ont empêché les ouvriers d’entrer dans la zone des fours de l’usine, les ouvriers se sont rendus dans la zone d’entreposage et ont empêché la sortie des trains de sucre et en ont déchargé une partie. Ils n’ont pas prêté attention aux propos mensongers du directeur général adjoint et ont déclaré qu’ils poursuivraient leur grève jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Craignant la propagation des manifestations ouvrières dans la ville, le régime a dépêché ses forces de Shush vers cette usine.

5. A Téhéran, un rassemblement de protestation des travailleurs de 200 Kian Tire s’est tenu devant le bâtiment du ministère de l’Industrie et des mines. Des travailleurs entourés de plusieurs rangers de forces anti-insurrectionnelles et d’agents de sécurité en civile ont scandé : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble. » En plus de protester contre le non-paiement des salaires mensuels, le non-paiement de quatre ans de prime salariale et le non-paiement de trois ans de prime de Nouvel An, les travailleurs ont protesté contre l’échec des promesses du ministre d’accorder des prêts à l’usine pour résoudre ses problèmes. Les 400 retraités de l’usine réclament également le paiement de leur pension de retraite.

6. A Divandareh, dans la province du Kurdistan, des dizaines de travailleurs de la société contractante pour le réseau d’approvisionnement en eau et d’irrigation du barrage du Siazakh se sont rassemblés dans le bureau du gouverneur de la province du Kurdistan pour protester contre le non-paiement de 9 mois de leurs salaires. Les promesses mensongères du directeur général de la compagnie régionale des eaux du Kurdistan n’ont pas eu de suite jusqu’ à présent.

7. A Rezvan Shahr (province de Gilan), les ouvriers du barrage de Shafarood, qui n’ont pas reçu leurs salaires depuis sept mois, sont à nouveau en grève.

8. À Téhéran, le rassemblement des chauffeurs de la Sepidar Posht Housing Cooperative Company en face du conseil municipal et la municipalité de Téhéran entre dans sa deuxième semaine. Ces unités résidentielles sont semi-construites et abandonnées. Les chauffeurs ont scandé : « si on réduit le détournement de fonds, nos problèmes seront résolus ; je mourrai, je mourrai, jusqu’ à ce que j’obtienne mon logement. »

9. A Téhéran, les personnes spoliées par l’Institution financière iranienne Arman Alborz, a organisé une manifestation sur la place Baharestan, en face du parlement du régime, en scandant les slogans : « Qu’avez-vous fait de notre argent ? » Un groupe de manifestants en provenance d’Ahwaz, est venu à Téhéran.

10. A Téhéran, les personnes spoliées par l’institution financière Caspian se sont rassemblées en face de la succursale centrale de l’institution dans la rue Afrika. Elles ont scandé : « le détournement de fonds par le gouvernement est le summum de l’indignité, le gouvernement a soutenu le vol perpétré par Caspian. » Les personnes spoliées ont marché ensuite vers la succursale Alvand de l’institution.

11. A Téhéran, les personnes spoliées par la succursale Avland de l’institution Caspian se sont rassemblées en face de l’institution, jetant des œufs et des tomates en direction du bâtiment.

12. A Téhéran, les personnes spoliées par les institutions Afzal Toos, Arman Vahdat et Vali Asr se sont réunies en face du parlement du régime, et ont scandé des slogans tels que : « mort à Seif (le chef de la Banque centrale) », et « vous avez abusé de l’islam, vous avez frustré le peuple. »

13. A Rasht, les personnes spoliées par l’institution Caspian se sont rassemblés en face de la succursale Golsar. La foule, qui était composée d’un grand nombre de femmes, a scandé des slogans tels que : « Assez de pillage, les poches de la population sont vides ; un gouvernement en faillite a fait mains basses sur notre argent ; mort à ce gouvernement de tromperie et de mort, retournez-nous notre argent. » Ils ont marché jusqu’au bureau du gouverneur après avoir jeté des œufs, de la peinture, des tomates et des légumes sur l’édifice de Caspian.

14. A Babol, un groupe de personnes spoliées par l’institution Caspian s’est réuni dans une des succursales de l’institution. Ils ont scandé : « Mort à Seif. »

15. À Tabriz, un groupe de personnes dont les terres ont été confisquées par les forces aériennes du régime s’est réuni en face de l’administration de dotation de la ville. Les responsables du régime refusent de satisfaire les revendications des propriétaires depuis 20 ans.

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Liberté d’expression pour Mohammad Rasoulof / Freedom of speech for Mohammad Rasoulof

PÉTITION POUR LA LIBERTE D’EXPRESSION
DU CINÉASTE IRANIEN MOHAMMAD RASOULOF

Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, Prix Un Certain Regard Cannes 2017 pour son film « Un homme intègre », a été privé de sa liberté de circuler et de travailler.
De retour chez lui après une tournée internationale, son passeport est confisqué dès son arrivée à l’aéroport de Téhéran le 16 septembre dernier. Depuis, il a été soumis à un long interrogatoire par les Renseignements des Gardiens de la Révolution. Les interrogatoires se poursuivront dans les semaines à venir. Deux chefs d’accusation lourds de conséquences pèsent contre lui, assortis de six années d’emprisonnement.
Rasoulof est un artiste. Narrateur, il travaille la lumière pour rendre en images sa perception du réel. Il est absurde de l’accuser de porter “atteinte à la sécurité” d’un Etat avec pour tout moyen une palette d’ombres et de lumières. Même s’il est vrai que la tyrannie s’est toujours nourrie d’absurdités…
Le silence encourage l’arbitraire des tyrans dans leur exigence de soumission.
Signataires de cet appel, nous écrivains, artistes, intellectuels et cinéastes, hommes et femmes épris de liberté, déterminés et solidaires, apportons notre soutien indéfectible à cet homme intègre qu’est Mohammad Rasoulof, à sa dignité et à sa liberté d’artiste. Nous demandons à ce que lui soit rendue sans plus tarder, sa liberté de circuler, de retrouver sa famille (qui vit en Allemagne depuis quelques années) et de créer

https://www.change.org/p/libert%C3%A9-d-expression-pour-mohammad-rasoulof-freedom-of-speech-for-mohammad-rasoulof