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Bruxelles : 200 eurodéputés au chevet des manifestants iraniens.

A Bruxelles, quelques 200 eurodéputés ont annoncé dans une déclaration conjointe apporter leur soutien en faveur des revendications légitimes des manifestants iraniens et condamné la répression brutale des revendications populaires pour un changement démocratique.

Gérard Deprez, président des « Amis d’un Iran libre » au Parlement européen, a présenté la déclaration des eurodéputés aux journalistes. Il a critiqué la politique actuelle de l’UE concernant l’Iran et a rappelé que pour les eurodéputés, « les droits de l’homme ne peuvent pas être compromises ou marginalisés sous prétexte de considérations politiques, commerciales ou d’accords nucléaires. Tout élargissement des relations politiques et économiques avec Téhéran doit être subordonné à des progrès tangibles en matière des droits de l’homme, de la situation des femmes et l’arrêt des exécutions arbitraires. »

Les signataires qui représentent tous les horizons politiques au sein du Parlement européen et comprennent notamment plusieurs vice-présidents et responsables des commissions et de délégations parlementaires, ont rendu publique leur déclaration lundi à Bruxelles et lancé un appel aux dirigeants de l’EU de revoir leur politique à l’égard de l’Iran.

Le soulèvement qui a été déclenché le 28 décembre dernier et s’est poursuivi pendant près de deux semaines, a secoué l’Iran. Les manifestations se sont propagées dans 31 provinces et plus de 140 villes, alors que le peuple iranien, en particulier la jeune génération, exprimait clairement son rejet du pouvoir fondamentaliste islamiste et son aspiration pour un changement de régime. Beaucoup ont scandé “mort au dictateur”, “A bas Khamenei” et “A bas Rohani” et il est à noter que les femmes ont jouées un rôle remarquable dans ce mouvement populaire.

Pour des mesures efficaces

Le communiqué des eurodéputés a mis en cause le régime pour sa réaction d’une extrême brutalité à l’égard des manifestants pacifiques : « Des milliers ont été arrêtés, une cinquantaine de manifestants ont été tués, dont quatorze sous la torture. La situation des droits de l’homme s’est détériorée à la suite des récentes manifestations et l’Iran continue de détenir le palmarès des exécutions par habitant dans le monde.

Nous condamnons l’usage de la force contre les manifestants sans défense et appelons l’UE et les gouvernements européens à adopter des mesures efficaces et des décisions contraignantes pour forcer le régime à libérer les prisonniers politiques et manifestants emprisonnés », ont exigé les aurodéputés.

adcali.com 19 Mars 2018

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Iran : le grand risque ?

Les entreprises françaises comptaient profiter du potentiel du marché iranien avec la levée de l’embargo. Mais la situation économique du pays ainsi que les risques géopolitiques et sociaux militent en faveur d’un certain attentisme. Par Gérard Vespierre, fondateur-associé de Strategic Conseils, chercheur associé à la FEMO, Fondation d’Études pour le Moyen-Orient.
Les industriels français sont fort perplexes devant la situation iranienne. Le déficit record de la balance commerciale française exige un accroissement à court terme de nos exportations. Mais quels sont les éléments d’analyse, et quelles sont les perspectives en Iran à court terme… ? Le potentiel du marché iranien est certain, sa solvabilité est une autre question.
es perspectives économiques iraniennes
Fort d’une population importante de plus de 80 millions d’habitants dont 70% ont moins de 30 ans, le marché potentiel existe. Mais en dehors de ce paramètre, quelles sont les conditions économiques du pays ?

Le taux de croissance 2016 et 2017 a certes connu une hausse par rapport aux années précédentes, atteignant 4,6%. Cette accélération est en fait un rattrapage des très faibles taux de croissance des années précédentes. Elle est liée à la signature de l’accord nucléaire, et à la mise en place du célèbre JCPOA, le « Joint Comprehensive Plan of Action » le Plan d’action conjoint et global, entre l’Iran et les «5+1 », les 5 membres du Conseil de Sécurité, plus l’Allemagne. A cela est venue s’ajouter la hausse d’environ 25% des exportations de pétrole, accompagnée d’une augmentation du prix du baril de 40% en 2018, par rapport à 2015.

Les perspectives 2018

Il est donc fort probable qu’avec le printemps, les protestations ressurgissent. Y aura-t-il un printemps chaud à Téhéran, mettant en cause le pouvoir ? Dans les cercles autour du Guide Suprême, la question du « serons-nous là en 2019 pour l’anniversaire des 40 ans de pouvoir ? » se murmure.

Lors des manifestations de janvier, un certain nombre de membres des forces de l’ordre, les Basidji, sans se ranger publiquement avec les manifestants n’ont pu s’empêcher de faire savoir : « nous sommes avec vous… ! ».
Ce n’est plus de politique dont il s’agit, c’est de pauvreté, partagée…. entre manifestants et forces de l’ordre….

Le pouvoir sera-t-il à l’abri de défections plus spectaculaires lors de possibles prochains affrontements… Le risque est-il grand à Téhéran…?

Si ce schéma se dessine, pour les entreprises françaises, il est urgent d’attendre… Le monde de l’exportation est vaste…

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/iran-le-grand-risque-771316.html

ascali.com 15 Mars 2018

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La fête du feu : le régime craint le soulèvement du peuple en Iran ce soir.

A l’approche du Nouvel An iranien, le pays est en ébullition au lendemain des révoltes populaires.

Le 13 mars marque une importante fête iranienne, même si le régime théocratique en #Iran a toujours essayé d’empêcher la population de la célébrer. La fête du feu ou Chaharchanbeh-Souri aura lieu le dernier mardi avant chaque Nouvel An iranien, et sa célébration remonte à d’anciennes traditions préislamiques. Ce jour-là, les fêtards sautent sur de petits feux comme symbole de purification en préparation pour le Norouz, qui se traduit littéralement par “nouveau jour”.

Alors que les célébrations se préparent, les Iraniens espèrent voir des changements politiques allant bien au-delà de la simple transition d’une année civile à l’autre.

C’est certainement le cas de la jeunesse qui se prépare à une nouvelle série de manifestations antigouvernementales.

Pendant plusieurs semaines à la fin décembre et en janvier, des manifestations incessantes se sont répandues à travers l’Iran, donnant lieu à des slogans audacieux “A bas la dictateur” et d’autres slogans qui ne peuvent être interprétés que comme des appels directs au changement de régime. Les manifestations ont été réprimées par les forces de sécurité et plus de 50 manifestants ont été tués. Environ 8 000 autres personnes ont été arrêtées, et des informations continuent de circuler relatant les meurtres résultant de la persistance des mesures de répression.

L’agitation persiste dans le pays. Cela explique la conclusion de certains observateurs étrangers chevronnés et des experts du Moyen-Orient: les révoltes iraniennes sont susceptibles de reprendre et de présenter une menace encore plus sérieuse pour le régime clérical de Téhéran.

13 Mars 2018

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Grèves et rassemblements de protestation dans différentes villes d’Iran

Le soulèvement en Iran

Les manifestations et les grèves des ouvriers d’usine et d’autres couches pauvres ainsi que des ouvriers des sections des services et ceux qui ont été spoliés par les institutions affiliées aux gardiens de la révolution (pasdaran), au pouvoir judiciaire et à d’autres organes répressifs, se sont poursuivies mardi 6 février 2018 pour revendiquer leurs droits violés. Voici quelques-unes de ces manifestations :

1. A Mahshahr, un assaut des forces répressives pour arrêter un individu a provoqué un conflit entre ses proches et les forces de l’ordre. La jeunesse courageuse de la région a riposté avec des pierres et des bâtons pour faire face aux agents.

2. A Téhéran, la station Khavar Shahr Basij, District 15 (début de la rue Khavaran) a été incendiée.

3. A Malayer, la succursale centrale de Refah Bank, située dans la rue Qa’im Maghami, a été incendiée.

4. En silence, les travailleurs de l’usine de canne à sucre Haft Tapeh ont poursuivi leur grève pour la septième journée consécutive. Après que les forces répressives ont empêché les ouvriers d’entrer dans la zone des fours de l’usine, les ouvriers se sont rendus dans la zone d’entreposage et ont empêché la sortie des trains de sucre et en ont déchargé une partie. Ils n’ont pas prêté attention aux propos mensongers du directeur général adjoint et ont déclaré qu’ils poursuivraient leur grève jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Craignant la propagation des manifestations ouvrières dans la ville, le régime a dépêché ses forces de Shush vers cette usine.

5. A Téhéran, un rassemblement de protestation des travailleurs de 200 Kian Tire s’est tenu devant le bâtiment du ministère de l’Industrie et des mines. Des travailleurs entourés de plusieurs rangers de forces anti-insurrectionnelles et d’agents de sécurité en civile ont scandé : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble. » En plus de protester contre le non-paiement des salaires mensuels, le non-paiement de quatre ans de prime salariale et le non-paiement de trois ans de prime de Nouvel An, les travailleurs ont protesté contre l’échec des promesses du ministre d’accorder des prêts à l’usine pour résoudre ses problèmes. Les 400 retraités de l’usine réclament également le paiement de leur pension de retraite.

6. A Divandareh, dans la province du Kurdistan, des dizaines de travailleurs de la société contractante pour le réseau d’approvisionnement en eau et d’irrigation du barrage du Siazakh se sont rassemblés dans le bureau du gouverneur de la province du Kurdistan pour protester contre le non-paiement de 9 mois de leurs salaires. Les promesses mensongères du directeur général de la compagnie régionale des eaux du Kurdistan n’ont pas eu de suite jusqu’ à présent.

7. A Rezvan Shahr (province de Gilan), les ouvriers du barrage de Shafarood, qui n’ont pas reçu leurs salaires depuis sept mois, sont à nouveau en grève.

8. À Téhéran, le rassemblement des chauffeurs de la Sepidar Posht Housing Cooperative Company en face du conseil municipal et la municipalité de Téhéran entre dans sa deuxième semaine. Ces unités résidentielles sont semi-construites et abandonnées. Les chauffeurs ont scandé : « si on réduit le détournement de fonds, nos problèmes seront résolus ; je mourrai, je mourrai, jusqu’ à ce que j’obtienne mon logement. »

9. A Téhéran, les personnes spoliées par l’Institution financière iranienne Arman Alborz, a organisé une manifestation sur la place Baharestan, en face du parlement du régime, en scandant les slogans : « Qu’avez-vous fait de notre argent ? » Un groupe de manifestants en provenance d’Ahwaz, est venu à Téhéran.

10. A Téhéran, les personnes spoliées par l’institution financière Caspian se sont rassemblées en face de la succursale centrale de l’institution dans la rue Afrika. Elles ont scandé : « le détournement de fonds par le gouvernement est le summum de l’indignité, le gouvernement a soutenu le vol perpétré par Caspian. » Les personnes spoliées ont marché ensuite vers la succursale Alvand de l’institution.

11. A Téhéran, les personnes spoliées par la succursale Avland de l’institution Caspian se sont rassemblées en face de l’institution, jetant des œufs et des tomates en direction du bâtiment.

12. A Téhéran, les personnes spoliées par les institutions Afzal Toos, Arman Vahdat et Vali Asr se sont réunies en face du parlement du régime, et ont scandé des slogans tels que : « mort à Seif (le chef de la Banque centrale) », et « vous avez abusé de l’islam, vous avez frustré le peuple. »

13. A Rasht, les personnes spoliées par l’institution Caspian se sont rassemblés en face de la succursale Golsar. La foule, qui était composée d’un grand nombre de femmes, a scandé des slogans tels que : « Assez de pillage, les poches de la population sont vides ; un gouvernement en faillite a fait mains basses sur notre argent ; mort à ce gouvernement de tromperie et de mort, retournez-nous notre argent. » Ils ont marché jusqu’au bureau du gouverneur après avoir jeté des œufs, de la peinture, des tomates et des légumes sur l’édifice de Caspian.

14. A Babol, un groupe de personnes spoliées par l’institution Caspian s’est réuni dans une des succursales de l’institution. Ils ont scandé : « Mort à Seif. »

15. À Tabriz, un groupe de personnes dont les terres ont été confisquées par les forces aériennes du régime s’est réuni en face de l’administration de dotation de la ville. Les responsables du régime refusent de satisfaire les revendications des propriétaires depuis 20 ans.

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Liberté d’expression pour Mohammad Rasoulof / Freedom of speech for Mohammad Rasoulof

PÉTITION POUR LA LIBERTE D’EXPRESSION
DU CINÉASTE IRANIEN MOHAMMAD RASOULOF

Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, Prix Un Certain Regard Cannes 2017 pour son film « Un homme intègre », a été privé de sa liberté de circuler et de travailler.
De retour chez lui après une tournée internationale, son passeport est confisqué dès son arrivée à l’aéroport de Téhéran le 16 septembre dernier. Depuis, il a été soumis à un long interrogatoire par les Renseignements des Gardiens de la Révolution. Les interrogatoires se poursuivront dans les semaines à venir. Deux chefs d’accusation lourds de conséquences pèsent contre lui, assortis de six années d’emprisonnement.
Rasoulof est un artiste. Narrateur, il travaille la lumière pour rendre en images sa perception du réel. Il est absurde de l’accuser de porter “atteinte à la sécurité” d’un Etat avec pour tout moyen une palette d’ombres et de lumières. Même s’il est vrai que la tyrannie s’est toujours nourrie d’absurdités…
Le silence encourage l’arbitraire des tyrans dans leur exigence de soumission.
Signataires de cet appel, nous écrivains, artistes, intellectuels et cinéastes, hommes et femmes épris de liberté, déterminés et solidaires, apportons notre soutien indéfectible à cet homme intègre qu’est Mohammad Rasoulof, à sa dignité et à sa liberté d’artiste. Nous demandons à ce que lui soit rendue sans plus tarder, sa liberté de circuler, de retrouver sa famille (qui vit en Allemagne depuis quelques années) et de créer

https://www.change.org/p/libert%C3%A9-d-expression-pour-mohammad-rasoulof-freedom-of-speech-for-mohammad-rasoulof