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En souvenir de la chanteuse Marjan : en Iran, être femme et artiste est un double délit

C’est avec une immense tristesse que nous venons d’apprendre le décès de la chanteuse et résistante iranienne Marjan, qui avait connu les prisons politiques du régime des mollahs. Voici une interview que le CSDHI avait publié en 2016.

La star de la chanson et du cinéma en Iran Marjan a accordé un long entretien à notre site CSDHI sur le chemin qui l’a menée de la prison des mollahs à la résistance. Un choix courageux. Elle apporte un témoignage bouleversant sur ses années d’incarcération au milieu de jeunes filles livrées aux bourreaux : « J’étais actrice et chanteuse très connue en Iran dans les années 1970. J’ai tourné deux films réalisés par mon mari Fereydoun Jourak, dont l’un « Le vent pour appui » a été diffusé quelques mois après la victoire de la révolution contre le chah et juste avant que les mollahs ne s’emparent du pouvoir.

Après mon exil aux Etats-Unis, j’ai fait un album où figurait le titre « Ey-Chekasteh », une chanson patriotique sortie juste après le renversement du chah. Elle parlait d’un pays brisé, qui avec le départ de la dictature réussissait à instaurer la liberté. Jusqu’au bout j’ai été aux côtés des Iraniens dans leur désir de voir tomber le chah : j’ai manifesté, j’ai participé à des meetings, aux rassemblements étudiants. Je me souviens de l’après-midi du 11 février 1979 dans l’avenue Saltanat-Abad qui deviendra l’avenue des Pasdaran où on habitait. Ce jour-là des jeunes fêtaient la victoire de la révolution avec les habitants du quartier et les enfants distribuaient des gâteaux. Les gens me réservaient un accueil très chaleureux.

Et la dictature s’est installée
Malheureusement, cette incroyable atmosphère n’a pas duré. Elle a été détournée par les mollahs. Le jour où Khomeiny a dit « république islamique, pas un mot de plus, pas un mot de moins », la dictature s’est installée. Les Iraniens ne savaient pas à qui ils avaient à faire. Au bout de trente et quelques années, le pays ressemble à une rédaction d’écolier où abondent les ratures et les phrases sans queue ni tête, alors que la révolution devait apporter la tranquillité, le bien-être et la liberté. Pour moi la révolution c’était comme le reflet de la lune dans une mer calme. Malheureusement les mollahs ont fait de cette belle nuit une tempête violente qui a emporté la liberté, le bien-être et la nature humaine. Désormais, on ne les trouve plus en Iran que dans un dictionnaire.
Quand les mollahs sont arrivés au pouvoir et qu’ils ont commencé à faire preuve d’hostilité envers l’art et les artistes, surtout envers les femmes, j’ai figuré parmi les premières victimes.

Les mollahs s’en prennent aussi aux artistes qui parlent de la civilisation et du renouveau et c’est pour cela que dans leur charia ils ne considèrent pas la femme comme une personne. La femme n’est qu’un moyen de reproduction, un instrument au service du bien-être et du plaisir des hommes. Il est normal qu’ils rejettent l’art, surtout s’il vient d’une femme et il devient à leurs yeux un délit impardonnable, si cette femme parle de l’amour de son pays. Car Khomeiny se voulait dirigeant de tous les musulmans et partisan de l’exportation de la révolution religieuse au Moyen-Orient et dans le monde.

adcali.com 08 juin 2020

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Iran:Publication of the English version of the book – A Little Prince in the Land of the Mullahs.

by International Publications justfiction-edition.

Linda Chavez: Book “revives the little hero in the reader by telling the story of a brave young man who wants nothing more than to live the life that all boys & girls want: to be free, happy, and secure in his homeland…He faces arrest, torture & ultimately sacrifices his life.

Ingrid Betancourt:Human tragedy facing millions of Iranians…With Ahmad, we can go through this tragedy, live it and try to understand why, so that the truth can no longer be hidden … and so that the liberation so long awaited by the Iranian people can happen.

https://www.morebooks.de/…/a-little-…/isbn/978-620-0-49006-3

adcali.com 25 mai 2020

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Roland Marchal : “On ne peut pas arrêter des gens sur des bases arbitraires”

Entretien |Après plus de neuf mois de détention en Iran, le chercheur Roland Marchal, de retour en France, raconte l’arbitraire et l’isolement, mais aussi la difficulté de penser le changement dans un pays sclérosé, où sa compagne, la scientifique Fariba Adelkhah, est toujours détenue.

Roland Marchal, chercheur au Ceri Sciences Po, spécialiste de l’Afrique, a été arrêté à Téhéran le 5 juin 2019. Il rendait visite, comme il le fait régulièrement depuis des années, à sa compagne Fariba Adelkhah, une anthropologue spécialiste de l’Iran. Libéré le 20 mars dernier après plus de neuf mois de détention, pour la première fois, il revient pour la Rédaction internationale de Radio France et pour RFI sur une expérience douloureuse, celle d’un système judiciaire où règne l’arbitraire, celle d’un système carcéral qui isole, aux antipodes, pour lui, d’une société iranienne en demande de changement.

Alors que Fariba Adelkhah, franco-Iranienne, est toujours détenue à la prison d’Evin, à Téhéran, il pointe l’urgence de protéger ceux qui, par leur regard lucide et scientifique, éclairent le débat public, créent les conditions d’une évolution de la société, en Iran et ailleurs. Parce que celle qu’Emmanuel Macron a appelée publiquement “notre compatriote Fariba Adelkhah” n’a fait qu’une chose : “Parler de la société iranienne comme elle est. Pas comme on veut qu’elle soit en Occident ou chez les Gardiens de la révolution, mais de cette société telle qu’elle fonctionne réellement”, explique Roland Marchal. Et c’est tout ce qu’on peut lui opposer.

Le jour où tout a basculé
Que s’est-il passé le 5 juin 2019, à votre arrivée à Téhéran ?

Cela a été très rapide. Je suis descendu de l’avion. J’étais en train de préparer les formalités pour obtenir un visa à l’aéroport, comme c’est devenu possible depuis quelques années pour l’Iran. C’est une des raisons pour savoir quand je vais à Dubaï ou à Doha, j’essaye de faire un petit crochet par Téhéran pour voir mon collègue Fariba Adelkhah. Et c’est pendant ces formalités que j’ai été arrêté, conduit dans une salle dans l’aéroport, interrogé pendant cinq-six heures et puis ensuite conduit dans une cellule où j’ai dormi, la nuit, à l’intérieur de Tehéran, je pense dans un camp militaire. J’ai appris beaucoup plus tard que j’avais été arrêté par les pasdarans [les Gardiens de la révolution, ndlr] et, le lendemain matin, j’ai été conduit à la prison d’Evin. Un procureur m’a signifié les charges pesant contre moi et j’ai été mis en cellule très rapidement, dans un quartier de haute sécurité sous la seule autorité des Gardiens de la révolution.

En savoir plus:
https://www.franceculture.fr/geopolitique/roland-marchal-en-iran-comme-ailleurs-il-faut-rappeler-lurgence-et-la-necessite-du-debat-public?fbclid=IwAR2fkcTC2Xu3HRoTxQ3QcBq9gncqzCxTFs5dfMBbrD9J-oV3OXONyA9gu-o

adcali.com 21 Avril 2020

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Répression Un tribunal confirme les longues peines de prison pour des militantes.

Une cour d’appel en Iran a confirmé les peines de prison de trois militantes des droits des femmes pour avoir protesté contre le hijab obligatoire.

La peine a été réduite à 31 ans et sept mois au total, contre les 55 ans et six mois initiaux.

Selon le verdict, Monireh Arabshahi et sa fille Yasamin Ariany ont, toutes les deux, été condamnées à neuf ans et sept mois tandis que Mojgan Keshvarz a été condamné à 12 ans et à deux mois d’emprisonnement.

Les avocats n’ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal en première instance et en appel. Le tribunal a également refusé de recevoir un projet de loi de défense des trois militantes des droits des femmes.

Amir Raeesian, qui représente Monireh Arabshahi et Yasamin Ariany, a déclaré mercredi dans un tweet que ses clientes vont contester le verdict et veulent un nouveau procès.

En août 2019, les trois premières peines prononcées contre ces trois militantes des droits des femmes totalisaient 55 ans, ce qui a déclenché une condamnation internationale généralisée.

Les trois défenseures des droits des femmes ont été arrêtées en avril 2019, à la suite d’une vidéo qui s’est propagée sur les réseaux sociaux, les montrant sans leur foulard, distribuant des fleurs à des passagères dans un métro, lors de la Journée Internationale de la femme, le 8 mars 2019, et discutant de leurs espoirs pour un avenir où toutes les femmes en Iran auront la liberté de choisir quoi porter.

Les trois militantes des droits des femmes détenues à la célèbre prison de Qarchak en Iran ont été accusées de « rassemblement et collusion dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », de « propagande contre le régime », ainsi que d’« incitation et facilitation de la corruption et de la prostitution » en encourageant le « dévoilement » des femmes.

Source : Iran HRM

adcali.com : 8 février 2020

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Une petite fille autiste de 5 ans séduit le monde avec son art.

petite fille autiste
Parfois, il y a des histoires vraiment inspirantes qui nous font ouvrir les yeux et voir au-delà de ce à quoi nous sommes habitués. Les protagonistes de ces histoires sont parfois des personnes considérées par la société comme différentes, souvent exclues car elles ne correspondent pas au modèle auquel sommes habitués depuis notre petite enfance.

Ces personnes, avec toutes leurs particularités, nous enchantent par leurs paroles et leurs attitudes et éveillent le côté le plus beau et le plus emphatique de nous-même, changeant notre façon de penser sur beaucoup de choses que nous pensions, depuis toujours. En ce qui concerne les enfants, tout devient encore merveilleux.

Aujourd’hui, nous sommes heureux de parler d’Iris Grace, une fille autiste de 5 ans qui est une grande artiste . Très talentueuse, Grace utilise la peinture pour s’exprimer, se fait connaitre à travers le monde et motive les gens à parler et à mieux comprendre l’autisme.
Elle est devenue populaire lorsque ses peintures ont commencé à être vendues à des collectionneurs d’art au Royaume-Uni et dans le monde. L’argent récolté par la vente de ses œuvres sert à couvrir les dépenses de ses thérapies et de ses études, en plus de lui servir d’épargne pour son avenir.

La petite fille a eu des problèmes pour communiquer avec le monde qui l’entoure, mais l’arrivée d’un nouvel ami a inspiré un changement positif dans sa vie. En 2014, elle a trouvé un chaton nommé Thula et l’a ramené à la maison. Les deux s’entendaient incroyablement bien, et la relation avec le chat a fait que Grace a commencé à s’ouvrir davantage.

La mère de la jeune fille, Arabella Carter-Johnson, a toujours été très présente et encourage sa fille à peindre. Photographe professionnelle, elle enregistre les moments et les œuvres de Grace et a publié un livre illustré avec les photographies de sa fille et les peintures qu’elle produit.

petite fille autiste

Ci-dessous, une vidéo avec les œuvres de la jeune fille , produite par Rupert Ward-Lewis.

adcali.com 21 Janvier 2020

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Répression Iran : De célèbres cinéastes iraniens ont été arrêtés

Au moins trois cinéastes iraniens ont été arrêtés dans la nuit du 12 janvier 2020 en Iran après avoir participé à des manifestations organisées sur la place Azadi à Téhéran, ont indiqué des sources à IranWire.

Les trois cinéastes ont, depuis, été libérés.

La réalisatrice Rakhshan Bani Etemad, son mari et producteur de films Jahangir Kowsari et le réalisateur Azadeh Mousavi ont été arrêtés par les forces de sécurité et de police et emmenés dans des lieux inconnus.

Des représentants de l’industrie cinématographique iranienne, y compris des stars de cinéma, ont pris part dimanche 12 janvier 2020 à Téhéran à des manifestations et à des veillées, suscitant des commentaires sur les réseaux sociaux. A la suite de leur soutien aux manifestations publiques, Bani Etemad et un autre réalisateur bien connu, Masoud Kimiayi, ont été insultés sur la télévision officielle.

De nombreux artistes ont déclaré publiquement qu’ils ne participeraient pas aux Fajr Festivals de cette année, les événements artistiques annuels les plus importants du pays, à moins de deux semaines, en solidarité avec les manifestants. Au moins une soixantaine de compagnies de théâtre ont déclaré un boycott du Festival de théâtre Fajr. Les artistes travaillant dans divers domaines (musique, arts visuels, photographie) ont refusé de jouer un rôle dans les festivals, que ce soit en tant qu’interprètes, juges ou même spectateurs.

Des festivals Fajr ont lieu chaque année pour commémorer l’anniversaire de la révolution iranienne.

« Cette cocotte-minute a finalement explosé », a déclaré à IranWire un metteur en scène, sous couvert d’anonymat. « Le crash de l’avion, provoqué par un missile, et le silence des autorités qui a suivi, ont tellement blessé les gens que cette démission collective est une réaction naturelle. C’était tout ce que les artistes pouvaient faire. La vague était si grande que, par exemple, elle a inclus la démission de tous les juges et participants de l’un des festivals. »

L’action de solidarité n’a pas été menée par une seule personne en particulier et elle a été spontanée, a expliqué le directeur.

« L’étendue des démissions montre que l’on prend soin de la souffrance et de la douleur des gens », a ajouté le directeur.

Par contre,ceux qui se sont le moins retirés du Fajr Film Festival, ce sont les professionnels de l’industrie. Seul Masoud Kimiayi a déclaré qu’il ne montrerait pas son film là-bas et même cette décision a été contestée par le producteur du film.

Le cinéma n’est pas comme le théâtre puisque que la projection de films constitue une charge financière », a déclaré le directeur du théâtre à IranWire. « Le budget du film doit être remboursé d’une manière ou d’une autre. Retirer un film d’un festival c’est prendre un risque énorme pour les réalisateurs et les producteurs, et ils ne peuvent pas se le permettre. »

Source : IranWire

adcali.com 17 janvier 2020.

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Bonne Année Voeux de Bonheur et de prospérité pour la nouvelle année 2020 le Pour le monde entier…

Watch New Year's Eve celebrations around the world

5…4…3…2…1!It's already 2020 in some parts of the world. Watch them ring in the new year in style. 🎆🎇🎉🥂🍾 https://cnn.it/2u5QdkF

Posted by CNN International on Tuesday, December 31, 2019

adcali.com 01 Janvier 2020

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IRAN: La répression des dissidents religieux en Iran constitue une violation du droit international des droits humains.

L’audience concernant l’affaire du converti chrétien, Ismail Maghrebinejad, a eu lieu le 2 novembre devant le tribunal révolutionnaire de Chiraz, en Iran.

Selon les dernières informations obtenues, le mardi 22 octobre 2019, Ismail Maghrebinejad, un converti chrétien, a été convoqué devant le tribunal révolutionnaire de Chiraz pour « insulte au caractère sacré de l’islam » et « apostasie ». Il sera libéré sous caution de 10 millions à 100 millions de tomans (2 000 à 20 000 €) à titre provisoire jusqu’au jugement final.

Ismail Maghrebinejad a été convoqué devant le tribunal révolutionnaire de Chiraz à la suite de la demande d’un juge de présenter sa défense, sur la base de quatre chefs d’accusation portée contre lui, dont « insulte du caractère sacré de l’islam et « apostasie. Le converti chrétien a répondu au juge en déclarant qu’il n’avait pas insulté le caractère sacré de l’islam et que les ayatollahs avaient une interprétation différente de « l’apostasie ».

Selon les conversations entre Ismail Maghrebinejad, le converti chrétien, et le juge du tribunal révolutionnaire de Chiraz, la caution imposée au converti chrétien serait passée de 10 millions à 100 millions de tomans. En raison de son incapacité à obtenir cette somme, Ismail Maghrebinejad a cependant été libéré temporairement après que l’accusation ait désigné quatre de ses proches qui se sont portés garants.

La répression des dissidents religieux en Iran constitue une violation du droit international des droits humains, conformément aux articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que de l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1976, selon lequel « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement ». « Nul ne subira de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix ».

En outre, la jouissance du droit à un procès équitable est l’un des droits inaliénables énoncés à l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Source : Les Droits de l’homme en Iran

ADCALI.COM 15 NOVEMBRE 2019

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Iran:La Franco-Iranienne Fariba Adelkhah victime du bras de fer avec Téhéran.

La chercheuse franco-iranienne a été arrêtée début juin par les gardiens de la révolution. Ils pourraient faire payer à la France des sanctions prises contre deux diplomates, après un attentat manqué en 2018.

MOYEN-ORIENT Détenue à la prison d’Evine, dans le nord de Téhéran, la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été arrêtée début juin par le service de renseignements des gardiens de la révolution, qui pourrait l’utiliser comme moyen de pression contre la France dans un jeu diplomatique sans pitié, alors qu’Em­manuel Macron cherche à éviter une confrontation armée entre la République islamique et les États-Unis. Chercheuse reconnue, soucieuse d’équilibre dans ses analyses, elle a pu recevoir la visite de sa famille et n’est pas maltraitée, selon son confrère et ami Jean-François Bayart.

Un nombre indéterminé de binationaux – en position de fragilité car l’Iran ne ­reconnaît pas leur statut – sont détenus en Iran. Parmi eux figurent plusieurs Britanniques et Américains, ressortissants de pays hostiles à Téhéran. À Evine, Mme Adelkhah a rejoint Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Irano-Britan­nique condamnée pour sédition à cinq ans de prison, dont l’état de santé se serait détérioré après trois années d’emprisonnement. En 2017, son mari avait affirmé que Nazanin était « utilisée comme monnaie d’échange par les gardiens de la révolution ». La presse britannique avait vu ensuite un lien – démenti par Londres et Téhéran – entre le projet de règlement d’une vieille dette de 450 millions d’euros envers l’Iran et une libération de Mme Zaghari-Rat­cliffe. Tout en niant que des binationaux servent de moyen de pression, l’Iran admet que ces prisonniers puissent faire l’objet d’échanges ponctuels. En fait, c’est pratiquement toujours le cas, les accusations d’espionnage généralement portées contre eux n’étant qu’un alibi. En avril, Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, a même « publiquement mis sur la table » une proposition d’échanger des Iraniens emprisonnés aux États-Unis contre des Américano-Iraniens détenus en Iran. Après avoir passé 544 jours à Evine, Jason Rezaian, l’ancien correspondant du Washington Post à ­Téhéran, fut libéré le 16 janvier 2016, au premier jour de l’application de l’accord sur le nucléaire, signé six mois plus tôt. Trois autres Américains recouvrèrent également la liberté, tandis que Barack Obama graciait quatre condamnés iraniens et commuait les peines de trois autres.
Sujet de recherche sensible

L’Iran a-t-il encore des comptes à apurer avec la France ? Il y a dix ans, la libération de la chercheuse Clotilde Reiss s’était soldée par le retour à Téhéran d’Ali Vakili Rad, condamné en 1994 à la réclusion à perpétuité pour avoir égorgé l’ancien premier ministre Chapour Bakhtiar. Une affaire remonte soudainement à la surface : l’attentat manqué le 30 juin 2018 contre un rassemblement en banlieue parisienne des opposants, les Moudjahidins du peuple. La France remit ensuite à la Belgique un suspect interpellé dans l’Hexagone et gela les avoirs de deux diplomates, Assadollah Assadi et Saeid Hashemi Moghadam, le premier étant présenté comme le commanditaire de l’attentat, imputé par les Français au service de renseignements du ministère de l’Intérieur iranien. Paris avait été furieux du « retour aux méthodes terroristes iraniennes » sur son sol. De son côté – et bien avant cette affaire -, Téhéran n’a jamais accepté que la France continue d’abriter une organisation considérée comme terroriste jusqu’en 2012 par les États-Unis. Emmanuel Macron a dit au président Rohani qu’il attendait « des clarifications » à propos de Mme Adelkhah. Mais Hassan Rohani a peu de pouvoir sur les gardiens de la révolution, qui dépendent du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. En pleines tensions entre l’Iran et l’Occident, la détention de Franco-Iraniens n’est pas une surprise pour les diplomates qui suivent l’Iran. Mme Adelkhah était l’un des derniers chercheurs à ­retourner travailler en Iran, sur un sujet assez sensible, lié à la place des religieux. Selon nos informations, son nom avait été évoqué ces derniers mois lors d’interro­gatoires d’autres Franco-Iraniens par les services de renseignements iraniens.

Le Figaro – jeudi 18 juillet 2019

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Les enseignants des minorités religieuses n’ont pas le droit d’enseigner en maternelle en Iran.

L’organisation iranienne de protection sociale a récemment interdit aux membres des minorités religieuses d’enseigner à l’école maternelle en raison des différences concernant les « valeurs religieuses ».

L’interdiction va à l’encontre des lois du pays et s’applique à toutes les écoles maternelles, à l’exception de celles réservées aux minorités religieuses.

Selon le directeur général, les autorités mettent de plus en plus l’accent sur les valeurs islamiques pour les enfants de maternelle et il est donc impossible pour une minorité religieuse d’enseigner dans les jardins d’enfants. Cependant, il leur est possible d’enseigner des « activités parascolaires » telles que le sport. Les enfants des minorités religieuses ont souvent du mal à être exemptés des classes islamiques.

Alors que la directive viole les lois iraniennes qui obligent le pays à éliminer la discrimination et à créer des opportunités justes pour tout le monde, les chrétiens qui peuvent prouver que leur famille était chrétienne avant la Révolution de 1979 ont des dispositions constitutionnelles limitées qui protègent la pratique de leur foi. Cependant, les musulmans qui se sont convertis au christianisme ne bénéficient d’aucune protection légale.

Cette directive montre jusqu’où la République islamique d’Iran ira pour séparer les minorités religieuses de la culture dominante. L’Iran est classé parmi les pays particulièrement préoccupants de niveau 1 par la Commission des Etats-Unis sur la liberté de religion dans le monde.

Ces derniers jours, sur les médias sociaux, les images de l'”ordre administratif” controversé se sont répandues sur le net, provoquant la colère de nombreuses couches des minorités religieuses du pays.

La lettre précise : « Le recrutement de membres de minorités religieuses pour des emplois dans des jardins d’enfants est illégal, à moins que ces centres n’hébergent exclusivement des enfants de minorités religieuses ». Elle porte la signature du directeur du bureau des affaires de l’enfance et de l’adolescence de l’Organisation.

Une fois diffusée sur les réseaux sociaux, la directive interne de l’organisation de la réinsertion a rapidement déclenché des réactions de colère. Un utilisateur de Twitter l’a nommé « le dernier cas d’injustice contre les minorités », et un autre l’a qualifié de « décision désastreuse ».

La première protestation officielle est venue d’Esfandiar Ekhtiari, qui représente la minorité zoroastrienne iranienne au parlement. Dans une lettre publique, Ekhtiari s’est adressé au ministre des coopératives, du travail et des affaires sociales, Mohammad Shariatmadarito, dont l’Organisation de réinsertion dépend directement.

Le parlementaire zoroastrien a exprimé sa « surprise » face à l’ordre « discriminatoire » et s’est plaint de ce que sa correspondance avec le responsable de l’Organisation de réinsertion ne produise aucun résultat. Le parlementaire a demandé au ministre « d’annuler » la directive « afin que nous ne soyons plus témoins de décisions aussi inhumaines et contraires à l’éthique contre des adeptes des religions divines ».

Les responsables de l’Organisation de réinsertion ont tenté d’apaiser les choses, affirmant que cela « ne s’applique qu’aux programmes d’enseignement général et religieux et que les cours d’art et qu’il n’y a pas de restriction sur les cours d’art et de sport pour les enseignants des minorités ». Le chef du département des affaires sociales a essayé de minimiser l’ordre litigieux. « Dans les jardins d’enfants accueillant des enfants musulmans, le recrutement d’enseignants issus de minorités religieuses pour des cours non religieux n’est pas en violation de la réglementation », a déclaré Habibollah Masoudi Farid aux médias. Cette annonce a été faite après que le ministre a ordonné une version « corrigée » de la directive, avec un ton différent. Certains ont vu dans cette décision le « recul » du gouvernement sous la pression du public.

Depuis plusieurs années, les minorités religieuses iraniennes dénoncent les politiques et les pratiques discriminatoires du pays. Le cas le plus controversé est peut-être celui d’un membre zoroastrien du conseil municipal de la ville centrale de Yazd. Sepanta Niknam a été élu au suffrage populaire en 2017, mais il a été suspendu de ses fonctions pendant neuf mois, sur ordre d’Ahmad Jannati, secrétaire intransigeant du Conseil des gardiens de l’Iran, qui a proposé une nouvelle interprétation de la loi électorale. Le Conseil de discernement a finalement résolu l’affaire retardée et a réintégré Niknam. Une utilisatrice de médias sociaux a évoqué le cas de Niknam : « Ce qui a rendu possible la réintégration de Niknam au conseil municipal n’était pas la constitution et la religion، mais plutôt la pression et les efforts du public, et nous sommes en mesure de le répéter », a-t-elle écrit.

Source : Stop au Fondamentalisme

adcali.com 7 Juin 2019