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Des centaines de survivants du dernier séisme en Iran vivent dans des tentes de fortune depuis 11 mois

Onze mois après le séisme dévastateur de novembre 2017, 30 % des habitants des zones touchées par cette catastrophe continuent de vivre dans la rue, a admis le maire de Sarpol-e Zahab dans la province de Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran.

Mohammad Jamali Nia a déclaré à propos de la situation actuelle des personnes qui sont sans abri à la suite du séisme : « Rien que la mise en place du sol en béton a pris 28 jours. Par conséquent, des crédits miniatures, on constate que la réparation de toutes les maisons prendra beaucoup de temps ».

Cela signifie que des centaines de survivants du séisme dévastateur vont passer un autre hiver dans des températures extrêmement froides et avoir besoin de fournitures essentielles.

La situation du logement est tellement catastrophique que certains habitants vendraient leurs reins afin de reconstruire leurs maisons.

Dans une interview accordée à l’agence de presse iranienne, Ilna, le 14 septembre, le président du conseil municipal de Sarpol-e Zahab a accusé l’administration de Hassan Rohani de ne rien faire et considère que c’est la raison pour laquelle certains habitants vendent leurs reins.

Il a ajouté : « La situation mentale des citoyens est très préoccupante. L’hygiène et l’assainissement sont très insuffisants et la municipalité ne nous a pas encore donné d’argent pour mettre en place des actions. J’aimerais que le ministère de l’intérieur dise quels services il a fournis à une ville comme Sarpol-e Zahab ».

Le 5 septembre, l’agence de presse Irna écrivait à propos de la situation du logement : « Les familles frappées par le tremblement de terre ayant des membres malades ou âgés ou des enfants en bas âge sont davantage concernées, car si elles ne réussissent pas à construire leurs abris, elles vont devoir passer un second hiver dans le froid dans des maisons et des tentes de fortune en Conex, sans parler de la chaleur estivale qu’ils doivent supporter en ce moment ».

Et tandis que la situation est loin d’être normalisée, les agences officielles quittent la région les unes après les autres.

« À leur arrivée, de nombreuses agences qui se sont rendues dans la région ont brandi des banderoles dans la ville pour indiquer qu’elles resteraient aux côtés des victimes du séisme jusqu’à la fin. Malheureusement, de nombreuses agences ne sont pas restées dans la région et ont déclaré vouloir partir », a déclaré le président du conseil municipal de Sarpol-e Zahab.

Le séisme de magnitude 7,3 a touché Kermanshah, le 12 novembre 2017. Il s’agit du séisme le plus meurtrier en Iran depuis plus de 10 ans. Plus de 600 personnes ont perdu la vie dans le séisme et plus de 70 000 ont été déplacées. Plusieurs autres ont perdu la vie à cause du froid.

L’année dernière, le quotidien Qanoon avait annoncé qu’une jeune fille de 2 ans, Sarina Zahabi, qui vivait avec sa famille sous une tente, avait perdu la vie à cause du froid.

Shehab Naderi, député au Parlement iranien, a déclaré : « Outre Sarina Zahabi, plusieurs autres enfants, dont un bébé de huit mois, sont morts de fièvre et d’engelures ».