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Iran : Le tsunami de la pauvreté

Quand la violence ne peut plus stopper cette avalanche qu’est la gronde d’un peuple qui ne supporte plus le pouvoir en place, c’est le début de la fin
” L’avalanche de fléaux sociaux s’abat sur l’Iran et ses signes sont déjà visibles “, a affirmé Mohsen Hachemi Rafsandjani, le 15 août.

” Aujourd’hui, la pauvreté s’abat sur l’Iran comme un tsunami”, ajoute le chef du conseil municipal de Téhéran.

Rafsandjani, le fils de l’ancien président du régime iranien, fait partie de l’élite riche du pays et n’a certainement pas personnellement ressenti les retombées des misères économiques de l’Iran. Mais même lui, il sait à quel point la situation est désastreuse.

“Selon nos estimations, plus d’un tiers de la population se trouve sous le seuil de pauvreté et un dixième de la population se trouve sous le seuil de pauvreté absolue”, reconnaît Rafsandjani, dans un entretien avec le journal Arman.

L’Iran menacé par la famine

Les termes tels que “ligne de pauvreté” et “pauvreté absolue” sont devenus monnaie courante dans l’Iran des mollahs, bien que les médias officiels fournissent toujours les estimations les plus optimistes.

Le peuple iranien, en particulier les couches les plus défavorisées de la population, paie le tribut de la mauvaise gestion de l’économie par le régime. Selon le gouvernement, les travailleurs iraniens ont perdu plus de 72 % de leur pouvoir d’achat. On ne parle plus de pauvreté et de pauvreté absolue : c’est la famine.

Un responsable du régime iranien a récemment admis : ” Le gouvernement et ses fonctionnaires sont confrontés à une population de 60 millions d’habitants au bord de la famine. Ce n’est pas une blague, c’est la triste vérité. Nous devons le prendre au sérieux.”

Que sont devenues les ressources de l’Iran ?

Selon les chiffres du régime iranien, l’Iran a 66 milliards de dollars de revenus de ses exportations pétrolières et 32,3 milliards de dollars de ses exportations non pétrolières. Où est passé tout cet argent ?

Le silence est de vigueur face à cette question qui revient souvent. La seule réplique des autorités aux manifestants qui protestent contre la corruption et la mauvaise gestion économique, est la violence et la répression.

Ce n’est qu’à travers les luttes intestines du sérail que certains détails de la corruption surgissent.

” Au cours des 40 dernières années, environ 200 familles ont détourné le destin de ce pays et elles passent de la tête d’un ministère à l’autre et d’un poste de pouvoir à l’autre “, a révélé un député, Hedayatollah Khademi.

Ces 200 familles constituent l’élite dirigeante du régime iranien.

Chaque faction du régime pointe du doigt l’autre, tandis que toutes sont complices du pillage des richesses du peuple iranien.

La hausse des prix et leurs retombées sur les conditions de la vie

Le smic est officiellement de 11,14 millions de rials/mois (environ 230 €). Or, les besoins mensuels d’une famille ont été évalués officiellement à 27 millions de rials (environ 560€), soit plus que le salaire d’un seul travailleur. En réalité il est impossible de vivre avec un revenu en dessous de 46,5 millions de rials (environ 970€) par mois, ce qui signifie que les familles de travailleurs peuvent à peine subvenir aux besoins les plus élémentaires et que leur revenu représente le quart du seuil de pauvreté réel.

Ajoutons à cela un taux de chômage de 25,5% parmi les jeunes de 15 à 29 ans et nous aurons un meilleur aperçu du chaos.

Selon la Banque centrale du régime iranien, le prix des produits laitiers a augmenté de 18,3 % la semaine dernière par rapport à la même période l’an dernier, le prix des œufs a augmenté de 36,6 %, celui du riz de 9,9 %, des haricots de 1,3 %, des fruits frais de 64,3 %, des légumes frais de 17,7 %, de la viande rouge de 29 %, de la volaille de 14,3 %, du sucre de 2,7 %, du thé de 19,2 % et de l’huile végétale de 10,9 %.

Un tsunami

Comme le reconnaît Mohsen Hachemi Rafsandjani, ” la pauvreté s’abat sur l’Iran comme un tsunami”. La seule réponse des 200 familles qui règnent l’Iran, à commencer par celle du Guide suprême Ali Khamenei, au dilemme croissant de la société (la faim) est le recours à la force. Les protestations croissantes des diverses couches de la société qui continuent depuis huit mois, ont révélé les limites de cette réplique. Quand la violence ne peut plus stopper cette avalanche qu’est la gronde d’un peuple qui ne supporte plus le pouvoir en place, c’est le début de la fin.
adcali.com 24 août 2018