, ,

L’Iran se dirige rapidement vers la sécheresse et la pénurie d’eau.

Publié le 27 avril 2018.

La pénurie d’eau en Iran étant déjà à un stade critique, il est fort probable que la crise s’aggravera dans de nombreuses régions du pays à mesure que l’été se rapproche, à tel point que les représentants du gouvernement de Rohani ne se contentent plus de parler de pénurie d’eau et mettent explicitement en garde contre une restriction hydrique auquel le pays va être confronté.

Statistiques, chiffres et projections

Selon Reza Ardakanian, ministre de l’Energie de Rohani, 334 villes du pays seront soumises à une restriction de l’eau cet été. Avec un total de 35 millions d’habitants, les villes représentent près de la moitié de la population du pays.

« Sur la base de nos études, 165 villes avec une population totale de 10,5 millions d’habitants sont au niveau jaune, 62 villes avec 6,8 millions sont au niveau orange et 107 villes avec 17,2 millions seront au niveau rouge. Dans l’ensemble, 334 villes seront soumises à une restriction hydrique », déclare Ardakanian. (Journal officiel Mardomsalari, 22 avril 2018)

Les provinces d’Ispahan et du Sistan-Baloutchistan subiront une restriction de l’eau

Le barrage de Zayandeh Roud, dans la province d’Ispahan, sera à court d’eau d’ici à la fin juillet, selon le site Web officiel Alef, le 20 avril 2018.

« Cinq millions de personnes dans la province d’Ispahan seront privées d’eau potable à partir du mois d’août. Il s’agit d’une situation d’urgence », déclare le député du régime Haji-deligani. (Radio du régime – Farhang, 8 avril 2018)

Le régime iranien se préoccupe de rester au pouvoir, pas d’assurer l’eau potable

Ahmad Hamzeh, également député du régime, affirme que « si la crise de l’eau potable de Kerman n’est pas résolue, la population descendra dans la rue. Les agriculteurs du sud de Kerman n’ont plus d’eau. Pour l’amour de Dieu, faites quelque chose et résolvez la crise. » (Radio du régime – Farhang, 8 avril 2018)

Dans un article intitulé « Les zones rurales du Khorassan Nord sont sujettes à une mort progressive », le site Web appartenant à la soi-disant Organisation culturelle du Khorassan le 22 avril 2018, écrit : « le directeur de l’Organisation rurale de l’eau et des eaux usées du Khorasan du Nord a annoncé que 159 villages de la province souffriront d’une pénurie d’eau cet été. En outre, certaines villes seront également touchées. Par exemple, Shiravan, dans la province du Khorassan Nord, est l’une des villes qui a été confrontée à la crise de l’eau ces dernières années. »

Le 22 avril 2018, l’agence de presse officielle Tasnim, a également souligné ce problème dans un article intitulé « Le stress hydrique à Kohguilouyeh-Bouyer Ahmad est grave », écrivant que « six villes de la province, notamment Yasuj, Likak, Dishmuk, Sough, Basht et Madavan, connaissent actuellement des conditions de pénurie d’eau, et que la situation dans ces villes et même dans d’autres villes de la province devrait s’aggraver avec l’augmentation des températures et de la consommation d’eau. »

L’ampleur de la crise
Selon les projections des experts, si la crise de l’eau persiste, les habitants des provinces centrales de l’Iran se retrouveront sans eau potable dans 20 ans, de sorte qu’ils devront immigrer pour rester en vie.

Le chef du département de l’Environnement du régime, Isa Kalantari, affirme que « si nous ne parvenons pas à résoudre la crise de l’eau, 50 millions d’Iraniens devront quitter le pays dans les 25 prochaines années ; une immigration qui aura des conséquences dramatiques, de telle sorte qu’il n’existera peut-être plus un pays appelé Iran. » (Site web officiel Aftab, 18 septembre 2016)

« Aucun ennemi n’aurait traité les ressources naturelles et l’environnement du pays comme ils les ont traités au cours des dernières années », reconnaît Kalantari.

L’ironie amère, cependant, c’est que Kalantari, lui-même, a été directement impliqué dans la crise. En tant que ministre de l’Agriculture du régime pendant les deux mandats de Hashemi Rafsandjani ainsi que pendant les trois premières années de la présidence de Mohammad Khatami, Kalantari a été directement responsable de la catastrophe avec la construction excessive de barrages et la délivrance de permis pour forer des puits d’eau.

Maintenant que le pays s’oriente rapidement vers une crise de sécheresse, non seulement le régime n’a rien fait pour y remédier, mais il participe également à la détérioration des conditions avec sa politique de pillage des ressources en eau du pays.
Les affrontements entre les factions rivales du régime révèlent cependant une partie de la réalité.

Qui est responsable ?

Dans un article intitulé « Arrêtons l’effondrement : à quoi ressemblerait un Iran sans eau ? », le site Web officiel Asr-e-Iran écrit : « Si la moitié des efforts déployés par les responsables pour filtrer les réseaux sociaux et les applications de messagerie étaient consacrés à l’eau, nous ne serions pas confrontés aujourd’hui à un problème appelé crise de l’eau. » (Site Web officiel Asr-e-Iran, 19 avril 2018)

Le dernier mot

Pour résoudre une crise, il faut en identifier les racines et y faire face. Poursuivre la politique de construction de barrages non-experts et de forage de puits d’eau profonde du régime des mollahs et de ses organes prédateurs, notamment les Gardiens de la révolution (pasdaran), est l’un des principaux facteurs qui ont plongé le pays dans une crise de pénurie d’eau et de sécheresse.
adcali.com 27 avril 2018