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Mépris effroyable… IRAN :Sahar Khodayari est décédée après s’être immolée par le feu, devenant le nouveau symbole de toute une génération.

De l’interdiction de stade au suicide, l’histoire tragique de la « fille bleue »

« La fille bleue ». Le surnom de Sahar Khodayari faisait référence à la couleur de son équipe de football préférée, Esteghlal. Âgée de 30 ans, cette Iranienne a succombé à ses blessures lundi après s’être immolée par le feu devant le tribunal révolutionnaire à Téhéran quelques jours plus tôt. La jeune fille s’est aspergée d’essence après avoir entendu dire qu’elle allait écoper de six mois de prison. Son crime ? S’être introduite dans le stade Azadi ( « liberté » en iranien) en mars pour assister à un match opposant l’équipe Esteghlal de Téhéran à celle d’al-Aïn d’Abou Dhabi. Bravant l’interdiction pour les femmes de pénétrer dans les stades depuis la révolution islamique de 1979, Sahar Khodayari portait un couvre-chef bleu et un long manteau ample afin de ne pas attirer l’attention. Sans succès. La jeune fille s’était fait arrêter par la police iranienne. Après trois nuits passées en prison, elle avait été libérée en attendant le verdict.

De nombreux Iraniens ont fait part de leur indignation en partageant le hashtag #BlueGirl sur les réseaux sociaux et en interpellant la FIFA au sujet de l’affaire. Le footballeur iranien à la retraite Ali Karimi a notamment appelé, sur son compte Instagram, au boycott des stades iraniens. Des doutes persistent sur la réelle date du décès de l’Iranienne alors que plusieurs médias ont affirmé qu’elle serait décédée vendredi et aurait été enterrée par les autorités iraniennes en secret. « Sa famille a reçu un avertissement et n’est plus autorisée à parler aux médias », a indiqué au service de diffusion allemand DW Maziar Bahari, journaliste et réalisateur canado-iranien en contact avec la famille. « Les autorités ont dit à sa famille : “Votre fille nous a déjà causé suffisamment de problèmes, nous ne voulons plus rien entendre de vous” », a-t-il ajouté.

Promesses non tenues
Selon plusieurs journalistes iraniens, le Conseil suprême de sécurité nationale aurait également interdit à la presse de couvrir l’affaire. « Les médias officiels iraniens insistent sur les troubles mentaux de Sahar Khodayari et sur le fait qu’elle était au chômage et divorcée », souligne Mahnaz Shirali, directrice d’études à l’Institut catholique de Paris et enseignante à Sciences Po Paris, interrogée par L’Orient-Le Jour. « Lorsque des problèmes comme celui-ci font les gros titres de la presse internationale, les forces étatiques font tout pour empêcher la sortie de détails supplémentaires ou pour tourner l’histoire en faveur de l’État », estime de son côté Hadi Ghaemi, directeur exécutif du Center for Human Rights in Iran, contacté par L’OLJ.

Cité hier par l’agence de presse Mehr, le père de Sahar Khodayari, Heidar Amo Khodayari, a indiqué que sa « fille avait des troubles neurologiques et, ce jour-là, elle était très en colère, insultant et se battant avec des agents de police ». « Je ne pardonnerai jamais à ceux qui utilisent cet événement, ils font une grossière erreur en dénonçant le pays à cause de la mort (de Sahar) », a-t-il affirmé, utilisant une rhétorique proche de celle du régime. La vice-présidente iranienne, Masoumeh Ebtekar, a annoncé dans un communiqué qu’elle avait adressé samedi une lettre au chef du pouvoir judiciaire pour l’ouverture d’une enquête et qu’un représentant avait été nommé pour suivre le dossier. Selon Gulf News, Masoumeh Ebtekar a également écrit sur Telegram qu’elle avait été assurée que le gouvernement allait prendre des mesures. « Le gouvernement Rohani a fait plusieurs promesses non tenues au fil des années au peuple iranien et à la FIFA, selon lesquelles il lèverait l’interdiction (d’entrée aux stades) », note Hadi Ghaemi. « Un porte-parole du gouvernement a suggéré que des mesures sont en train d’être prises, mais il reste à voir si ces paroles seront suivies d’action », poursuit-il. La FIFA a également indiqué à la fédération iranienne qu’elle enverrait une délégation ce mois-ci afin de s’assurer que les changements annoncés seraient mis en place pour le match entre l’Iran et le Cambodge en vue des qualifications à la Coupe du monde, le 10 octobre, auxquelles les femmes sont autorisées à assister, selon une source proche du dossier, a rapporté le New York Times.

Mépris effroyable
L’Iran est le seul pays où les femmes n’ont pas le droit de se rendre dans les stades de football, une interdiction qui s’ajoute à la longue liste des discriminations de l’État à l’égard des femmes depu.

#BlueGirl,

adcali.com 22 septembre 2019

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