Pourquoi Kaveh le forgeron devient-il Bassidji de Samar Azad

 

Des statues iraniennes dont certaines pesaient jusqu’à 7 tonnes, et représentants les grandes figures de la culture iranienne ont été d’après la République Islamique d’Iran « dérobées » à l’aide de grues et cela en plein jour, à Téhéran et dans d’autres grandes villes iraniennes.

 

Le régime iranien caractérisé par son pilier juridique et politique (Velayate-Faghih) a tenté par l’intermédiaire des médias officiels de tromper une nouvelle fois le peuple iranien afin de propager ce mensonge, qui en effet d’après la République Islamique d’Iran relève du grand banditisme alors que la réalité est tout autre, ainsi il tente de remettre en cause la culture de tout un peuple et ce geste s’inscrit comme une violation de la culture millénaire iranienne. Les informations diffusées à ce propos notamment à travers l’Agence de presse Fars, rattachée aux Gardiens de la Révolution, retracent un bilan de tous ces « vols » commis par le régime iranien et relatent les noms des grandes personnalités dont les statues ont été « soustraites » à Téhéran. Ce n’est pas un hasard s’il manque un nom essentiel dans ce bilan : Ferdowsi. Il y a plus de 1000 ans, Ferdowsi a appelé le peuple iranien à se débarrasser de toute forme d’intégrisme en Iran, quelque soit l’ère.

 

Le nom de Ferdowsi, célèbre poète iranien et père de la langue persane n’a donc pas été répertorié. Ferdowsi est considéré comme le libérateur du farsi, car à son époque la culture s’arabisait. Sans lui, de nombreux éléments de l’histoire et de la civilisation persane auraient été perdus à jamais. Concrètement, il participa fortement à forger l’identité iranienne. Pour cela, celui-ci consacra les meilleures années de sa vie à la réalisation du « Shahnameh » (Livre des rois en persan) afin de perpétuer la langue, la culture et l’histoire de l’Iran, il a  retracé les  attaques victorieuses des troupes étrangères en Iran. Grâce à lui la civilisation persane a survécu et comme il l’a si bien exprimé lui-même en un vers « j’ai souffert 30 ans afin de faire renaître l’Iran à travers sa culture… ».  Les Iraniens se sont toujours transmis les histoires de Ferdowsi de générations à générations, même de manière orale. Ferdowsi a écrit l’ouvrage du « Shahnameh » avec un but éducatif, en effet des vers et des citations en vue de donner des leçons de vie, à l’attention de toutes les personnes quelque soit leurs âges,de même que cet ouvrage convient pour toutes les périodes de l’histoire de l’Iran bien qu’il date de 1000 ans. S’il fallait choisir une des histoires fantastiques du « Shahnameh », qui exposerait le contexte actuel de l’Iran, il ne fait nul doute que ce serait celle de « Zahak aux deux serpents », en effet, ce dernier sacrifiait quotidiennement deux cerveaux humains de jeunes iraniens pour nourrir ses serpents. Cette histoire fantastique retrace les aventures de ce héros mythique, Kaveh Ahangar (littéralement Kaveh le forgeron), qui a finalement libéré la terre d’Iran de l’oppression et de la cruauté de Zahak.

 

En réalité, maintenant cela fait 30 ans que « Zahak aux deux serpents » continue son asservissement et chaque jour, les jeunes têtes de l’intellegencia iranienne sont sacrifiées afin que ce régime inhumain perdure, ainsi il verse le sang et tue pour survivre. J’entends par là bien évidemment par Zahak, la République Islamique d’Iran. Peut-être que le chiffre 30, exprime d’une part, la souffrance de Ferdowsi pour faire revivre la gloire de la langue et de la culture iranienne, et d’autre part les 30 dernières années de sacrifice du peuple iranien et de sa jeunesse combative. Cela fait trois générations que les Iraniens sont au pris au piège du « Zahak contemporain », nous pouvons donc penser que Kaveh Ahangar était à l’avant-garde pour les générations futurs.

 

L’histoire raconte que Kaveh Ahangar a dressé son tablier de forgeron comme un étendard et s’est engagé dans la lutte, à la vie, à la mort, se soulevant ainsi contre Zahak le barbare. En outre, la légende retrace qu’à l’époque tous les opprimés, de même que les personnes ayant perdus un fils, ou les personnes ayant soif de liberté, se sont ralliés à lui et se sont révoltés, certains ont même perdus la vie pour libérer leur terre ancienne.

 

 

C’est ainsi qu’il y a 1000 ans, Kaveh le forgeron, le héros fantastique iranien s’est soulevé contre Zahak le tyran. Kaveh représentait un symbole de persévérance pour le peuple iranien, un nouveau pas vers la liberté, sacrifiant sa vie pour libérer sa terre de la domination et du despotisme de Zahak. En fait, Zahak est la personnification du mal, issu d’un conte mythologique, devenant aujourd’hui réalité à travers les mollahs arriérés au pouvoir en Iran, leurs cruautés, leurs mensonges, crimes et impostures ont été révélés au monde, ces dernières années. Aujourd’hui nous mettons en exergue cette histoire millénaire car dernièrement la mise en scène théâtrale et répugnante du soi-disant « chef de tous les musulmans du monde», Ali Khamenei, que nous appellerons le « Zahak contemporain », sous la réalisation de Mashai et l’acteur Ahmadinejad, avec néanmoins le soutien de la puissance Britannique fit froid dans le dos.

 

Certains mots et expressions sont devenus interdits d’utilisation, comme « nationalisme », et « culture iranienne », « Kourosh », « Kaveh Ahangar » etc…Le régime des mollahs, désespéré, a mis en valeur des éléments de la culture iranienne pour redorer son image. Tout cela s’explique uniquement par la peur du régime iranien de chuter, et qui vit ses derniers moments. Il est donc certain qu’en s’accrochant ainsi à la culture iranienne il tente de trouver une solution afin de perdurer.

 

Dernièrement Ahmadinejad a même transformé Kaveh le forgeron en bassidji (milice paramilitaire) lors d’une cérémonie rendant hommage aux figures culturelles de l’Iran, il a ainsi remit un Keffieh, symbole des bassidji, au bassidji déguisé en Kaveh le forgeron. Une manière absurde de profiter de l’histoire et de la culture iranienne pour ses propres intérêts. Les révolutionnaires de 1979 se remémorent sûrement cette célèbre phrase de Khomeiny : « le nationalisme est un péché, ce sont les complots des ennemis contre l’islam », comprenez, contre lui. De même nous nous souvenons des attaques contre les sièges de l’opposition (Moudjahedines du peuple) et autres groupes politiques, entre 1979 et 1982. Les conservateurs d’hier et les réformateurs d’aujourd’hui, encore ivres du vol de cette révolution, la révolution du peuple iranien.

 

A l’époque ils scandaient «  la démocratie et le nationalisme, deux arnaques faites au peuple ». Ceux-là même qui agressaient, blessaient et tuaient tout ceux qui pouvaient représenter une menace pour eux et pour leurs esprits fermés. Que sont donc devenues les vociférations saoules du pouvoir de l’Islam ? Que sont devenues les insultes contre le nationalisme, contre notre histoire et contre notre culture ancienne ?

 

Khalkhali, plus connu sous le nom du « boucher de l’Imam (Khomeiny) », quelques mois après la révolution de 1979,  lors des premières élections présidentielles, pendant son discours électorale, a lancé à propos de ce célèbre poète : Le « Shahnameh » (Livre des Rois) est une totale hypocrisie, ne reposant que sur des mensonges, et destiné à distraire notre malheureux peuple “.

 

 

 

Dans son livre, pas un mot sur l’humain et l’humanité ou même sur les misérables habitants de Khorassan, (ville d’origine de Ferdowsi). Toutes ces bêtises contre Ferdowsi, l’Iran, les Iraniens et leur histoire, continuent jusqu’à maintenant, Persépolis a été volontairement noyé, le régime s’est efforcé à anéantir toutes les œuvres historiques iraniennes.

 

Le régiime iranien a ouvert le barrage de Sivand en vue de détruire Persépolis, à plus ou moins long terme, le peuple iranien doit maintenant faire face à cette épuration « historique », Persépolis s’effondre compte tenu de l’humidité créée volontairement. Quant au peuple iranien, il est bien-sûr entièrement opposé à la destruction de ce monument chargé d’histoire.

 

Par ailleurs, après l’obtention du titre d’héritage culturel de Persépolis, l’Ayatollah Javadi Amoli, s’opposa et proclama que : « Persépolis, n’est pas quelque chose d’instructif pour les Iraniens, cette dynastie déchue, avait à l’époque un pouvoir incommensurable, et a aujourd’hui tout perdu. Persépolis est maintenant devenu un héritage culturel, tout cela pour montrer que durant tel règne, tel sculpteur a taillé telle pierre ». Cela en dit long sur la perception historique et artistique des mollahs incultes, au pouvoir en Iran.

 

La transformation du personnage de Kaveh le forgeron en Bassiji, par la République islamique d’Iran, représente une injure à la culture de tout un peuple, en effet cette force paramilitaire se déguisant pour l’occasion en Cyrus (ou plus communément appelé Kourosh en persan) ou en soldats Achéménides ou encore le fait de les « baptiser » en leurs remettant un châle (Keffieh) constitue une mise en scène ridicule, en dehors du fait que cela se traduit comme une tentative vaine, avant que ce régime ne sombre, régime dont l’essence même va à l’encontre des Iraniens.

 

Un régime conduit par Khomeiny et qui a prit forme dans le sang, rendant la nation entière prisonnière, durant 30 ans il a fait et continue à faire subir à la population iranienne ce qu’aucun ennemi étranger n’a fait endurer au peuple iranien, durant toute l’histoire du pays. D’une certaine manière, dorénavant ce peuple persécuté symbolise un nouveau Kaveh, il s’écrie d’une seul voix : « A vous, tous les Kaveh, soulevez-vous “Ferdowsi a raconté des histoires !

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