Sakineh, nous pensons à toi de Samar Azad

 

Au sein des différentes cultures du monde, il existe bon nombre de traditions populaires symboles de bonté et de convivialité. Ainsi, en France, une de ces traditions populaires se caractérise notamment par l’organisation de la Journée des Associations. A l’instar des années précédentes, notre association a participé à cette journée, afin de présenter ses activités et son programme.

 

Cette année était la septième année consécutive où nous participions à cet évènement, néanmoins sous un aspect bien différent des années précédentes, en effet, ADCALI a consacré son activité à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, en fait son souvenir ne nous a pas quitté de même pour toutes les personnes qui ont pris sa défense.

 

  

 

Il est clair que tout au long de la journée, son souvenir était présent, et accompagnait toutes les personnes qui ont visité notre stand, du plus petit au plus grand, femme et homme confondus. Le souvenir d’une femme oppressée a été mit en lumière tel un exemple pour d’innombrables personnes, qui travers le monde, souhaitent la justice sociale. Malheureusement la justice est victime d’une poignée de mollahs misogynes qui tuent et condamnent de manière sauvage le peuple iranien et plus spécifiquement les femmes iraniennes courageuses, leurs châtiments proviennent des pénombres du Moyen-âge, et n’hésitent pas à les appliquer forcement à la population iranienne.

 

Nous, ainsi que d’autres, d’un bout à l’autre du monde, nous souhaitons attirer l’attention sur la dangerosité relative à la situation de Sakineh. Nous avons donc recouvert le stand à l’intérieur comme à l’extérieur de photos et affiches la représentant. Accrochées autour et au-dessus de nous, ainsi que dans nos mains, les bannières et affiches des manifestations organisées en sa défense, dans les cinq continents, de l’Australie jusqu’en Europe, ainsi qu’au Etats-Unis et en Asie, tout cela en opposition à sa condamnation de lapidation.

 

Des photos choquantes comme ci-dessous, de représentations de lapidation des manifestations internationales, ont été installées, pour montrer qu’à travers le monde des femmes se mettent en scène, à la place de Sakineh, ainsi enterrées dans le sable et au milieu des pierres,  cette démonstration choquante avait pour but d’imiter cette condamnation barbare de lapidation du régime iranien, et d’apporter le plus de soutien possible à Sakineh.

 

Lors de cette journée, du matin et jusqu’à la fin de la journée où les stands étaient sur pieds, tous les responsables locaux et régionaux ainsi que la plupart des gens, venaient visiter les différents programmes de la Journée des Association, et à cette occasion, visitaient les stands associatifs de la ville, puis échangeaient des idées et des informations.

 

Cette année, notre stand était très différent et même opposée aux autres stands associatifs, en effet au lieu de montrer des programmes joyeux, nous étions dans l’obligation de présenter ce qui n’est pas supportable pour toute société ou être humain civilisé, à savoir le thème de la lapidation Sakineh Mohammadi-Ashitiani. En réalité, nous ne nous attendions pas avoir autant de visites que les années précédentes, nous ne souhaitions d’ailleurs pas accueillir des enfants accompagnés de leurs parents à notre stand, compte tenu de la dureté du sujet. Mais contrairement à ce que nous pouvions imaginer, non seulement les visiteurs n’étaient pas moins nombreux que l’année passée, mais leurs nombres avaient significativement augmenté. Durant toute la journée, beaucoup de visiteurs, femmes ou hommes, toutes origines ou cultures confondues, sont venus nous rendre à notre rencontre. Aussi, peut-être 95% d’entre eux avaient entendus parler de Sakineh, et ont écrit un message de soutien. 

 

Du compatriote iranien qui écrit à son attention : « Chère sœur, aujourd’hui le monde connaît ta situation au sein de la dictature religieuse iranienne, et compatie à ta douleur ainsi qu’à celle de tes enfants, tout en œuvrant pour te sauver ».

 

Jusqu’à l’homme pieu qui sincèrement prie pour toi et tes enfants, en écrivant :

 

 

 

« Je prie pour vous et vos enfants, et j’espère que Dieu vous aidera ». De même que les personnalités locales et régionales ont écrit des messages bouleversants pour elle. Comme Monsieur Dominique Lefebvre, le Maire de Cergy :

 

« Pour Sakineh, pour ses enfants, parce que la liberté, la dignité, le respect ne peuvent supporter ces pratiques d’un autre âge. Nous poursuivons notre mobilisation ».

 

Ou une citoyenne française, qui écrit à juste titre que :

 

« Ce serait l’honneur de l’Iran et de la religion musulmane de gracier cette femme. Cette mise à mort par lapidation est une honte pour l’humanité ».

 

De même qu’une représentante d’association africaine a écrit que :

 

« Continuez la lutte, vous allez retrouver la liberté. Votre combat est légitime. La Liberté a un prix et vous l’avez compris. Je vous soutiens, toutes les femmes d’Afrique vous soutiennent ».

 

Je dois dire que parmi tous les messages que nous avons reçus, celui d’une petite fille était particulièrement émouvant, en effet, son âge ne lui permettait pas d’écrire, mais sa mère lui expliqua alors ce de quoi il s’agissait, et son regard était suffisamment parlant, pour saisir sa compassion et ses meilleurs sentiments envers Sakineh.

 

Après sa propre signature, cette jeune mère expliqua brièvement la situation à sa fille et devant notre stupéfaction, ses yeux écrivirent ce qu’aucune plume ne pouvait écrire.

 

Le regard profond de cet enfant représente l’humanité, cette humanité qui malheureusement a été volé depuis 30 ans en Iran. 

 

Pour mieux comprendre cette réalité amère dans l’Iran d’aujourd’hui, nous préférons terminer avec une partie de la dernière lettre de Sajad, le fils de Sakineh :

 

« Nous sommes surpris des décisions des autorités judiciaires. En effet, l’ancien avocat de notre mère, l’éminent Monsieur Mohammad Mostafai a dû quitter son pays pour préserver sa propre vie, en raison de l’interview qu’il a accordé à un journaliste, sur le sort de notre mère.

 

 

 

De plus, son second avocat, Monsieur Hootan Kian, qui pour avoir également dénoncé cette condamnation de lapidation, et les faux éléments juridiques du dossier de notre mère, est maintenant soumis aux pires pressions physiques et psychologiques, il a ainsi été mis en garde et de lourdes menaces pèsent sur lui. Pourquoi est-ce qu’il (le régime iranien) diffuse à la télé les aveux mensongers de notre mère, obtenus sous la contrainte et la torture ? Pourquoi est ce que depuis cette date nous empêche-t-ils de la voir ou encore son avocat ? Il est clair qu’ils essaient de cacher les marques de coups et de tortures que nous pourrions découvrir sur corps, ils ne veulent pas que nous soyons témoins de cela. Pourquoi continuent-ils leurs mensonges et ajoutent-ils de faux éléments à son dossier juridique ? Pourquoi le dossier relatif au meurtre de mon père est-il falsifié ? Pourquoi font-ils leur possible pour empêcher que le dossier de ma mère ait une procédure normale ? Je suis vraiment désolé d’être né dans la République Islamique d’Iran, en outre, je suis désolé du fait que depuis cette mise en scène télévisée, nous (ma sœur et moi) nous avons été exclu de notre famille. Nous sommes obligés de supporter tout cela, dans l’oppression la plus totale. Sincèrement, la mort valait mieux qu’une vie comme celle-ci ».

 

 

 

Nous devons dire à ce fils courageux, Sajad, malgré toutes tes souffrances et la cruauté des mollahs, regarde bien les yeux de cet enfant, garde la foi, perdre espoir est un péché, enfin si les mollahs au pouvoir t’ont volé ta joie de vivre et ta paix intérieure, recherche-les, nous espérons réellement que tu les retrouveras alors.

 

 

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *