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Iran – droits de l’Homme : 33 ans de prison et 148 coups de fouet pour la célèbre avocate Nasrin Sotoudeh.

La célèbre avocate Nasrin Sotoudeh, en compagnie de son mari, Reza Khandan, et de ses deux enfants.

Iran – droits de l’Homme :
33 ans de prison et 148 coups de fouet pour la célèbre avocate Nasrin Sotoudeh.

“Nasrin Sotoudeh a été condamnée à cinq ans de prison pour conspiration contre le système et à deux ans pour avoir insulté le Guide” suprême Ali Khamenei, a déclaré le juge Mohammad Moghiseh, à la tête de la cour révolutionnaire n°28 de Téhéran, a rapporté lundi l’agence de presse semi-officielle Isna.

La cour “a tenu une audience pour ce procès à laquelle ma cliente n’était pas présente et nous avons finalement compris que la cour l’avait condamnée par contumace”, a affirmé à l’agence de presse officielle Irna, Mahmoud Behzadi-Rad, l’un des avocats de Nasrin Sotoudeh. Mahmoud Behzadi-Rad n’a pas précisé la date de l’audience, ni s’il y était présent.

Mais, selon son mari, Reza Khandan, il y a d’autres peines de prison qui ont été prononcées à l’encontre de cette militante des droits de l’homme, soit au total 33 ans d’emprisonnement et 148 coups de fouet pour sept chefs d’accusation.

La déclaration du juge contredit aussi les informations communiquées à Nasrin Sotoudeh par le bureau chargé de l’application des peines dans la prison d’Evin. Il est possible que le juge ait fait allusion aux seules peines prononcées contre elle pour deux de ses sept chefs d’accusation.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, Amnesty International qualifie la condamnation de cette ” éminente avocate iranienne des droits humains et défenseure des droits des femmes […] à 33 ans de prison et 148 coups de fouet ” d’” injustice scandaleuse ” et demande qu’elle soit ” libérée immédiatement “.

” Nasrin Sotoudeh, écrit Amnesty, a consacré sa vie à la défense des droits des femmes et à la dénonciation de la peine de mort. Il est scandaleux que les autorités iraniennes la punissent pour son travail en faveur des droits humains. Sa condamnation renforce la réputation de l’Iran en tant qu’oppresseur cruel des droits de la femme “.

Amnesty International rappelle que le juge Mohammad Moghiseh a appliqué la peine maximale prévue par la loi à chacun de ses sept chefs d’accusation. L’article 134 du code pénal iranien autorisant les juges à utiliser leur pouvoir discrétionnaire pour infliger une peine plus élevée que celle prévue par la loi lorsque le défendeur fait l’objet de plus de trois chefs d’accusation, le juge lui a infligé quatre années supplémentaires à sa peine totale de prison, la faisant passer du maximum statutaire de 29 à 33 ans.

Âgée de 55 ans, Nasrin Sotoudeh a été arrêtée en juin 2018. Elle a défendu des journalistes, des activistes et des opposants arrêtés lors des grandes manifestations de 2009 contre la réélection contestée de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Nasrin Sotoudeh avait elle-même passé trois ans en prison entre 2010 et 2013 pour action ” contre la sécurité nationale ” et ” propagande contre le régime “.

En 2012, elle a reçu le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit par le Parlement européen. Avant son arrestation en juin 2018, elle a pris la défense de plusieurs femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public afin de protester contre le port obligatoire du voile depuis la révolution islamique de 1979.

“L’affaire a été transmise à la cour d’appel”, a indiqué le juge Mohammad Moghiseh à Isna.

(Avec AFP et RFI)

adcali.com 12 mars 2019

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Iran – Mostapha Tajzadeh, un ancien ministre, révèle les tactiques du régime iranien contre sa principale opposition…

Un débat télévisé entre deux anciens responsables iraniens de factions rivales a fait apparaître des réalités accablantes sur les crimes commis par le régime des mollahs.

Lors d’un débat public diffusé par les médias publics, Mostafa Tajzadeh, ancien ministre de l’Intérieur par intérim pendant la présidence de Mohammad Khatami, et Alierza Zakani, un ancien député du parlement, de la faction du Guide suprême Ali Khamenei, ont discuté de différentes questions d’État et des évènements politiques qui se sont déroulés dans le passé.

Au cours du débat, Tazjadeh, qui est lié au camp dit ” réformiste “, a défié Zakani, un célèbre ” conservateur ” renommé, sur deux dossiers qui hantent le régime depuis des décennies.

Deux dossiers litigieux du passé

” Concernant les assassinats en chaîne, ils [les services secrets] ont suggéré à M. Khatami de mettre en œuvre un plan comme à Mashhad, c’est-à-dire de trouver deux membres des [Moudjahidine du peuple] pour les incriminer. Ils voulaient leur extorquer des aveux comme ils savent bien le faire “, a dit l’ancien ministre.

Dans cette seule phrase, Tajzadeh fait des révélations sur deux dossiers litigieux du passé : l’attentat à la bombe contre le Mausolée du 8e Saint des chiites dans la ville de Mashhad, qui a laissé 26 morts et plus de 300 blessés, le 20 juin 1994, et les “assassinats en chaîne”, une vague d’assassinats d’intellectuels et d’écrivains perpétrés par les services secrets en automne 1998.

Après l’attentats de Mashhad en 1994, le pouvoir en place avait tenté d’incriminer l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK) en diffusant des aveux télévisés d’un jeune homme prétendant être lié à cette organisation d’opposition.

Or, quatre ans plus tard, le 4 décembre 1998, Akbar Ganji, un ancien membre des services secrets, reconnaît que le tout était un coup monté de toute pièce par ces derniers dans le cadre d’une campagne de dénigrement contre la principale organisation d’opposition (interview avec le journal Sobh-e Emrouz du 4 décembre 1998).

Le même jour, un autre journal iranien, Aria, citant d’anciens membres des services secrets, précise que c’est Ali Fallahian, le chef des services iraniens qui a organisé l’attentat du Mausolée d’Imam Reza. D’autres aveux faits plus tard par divers officiels de l’époque n’ont laissé aucun doute sur la manigance.

Lors de son débat télévisé, Mostafa Tajzadeh révèle que les services secrets avaient proposé un scénario similaire pour les assassinats de 1998 à Mohammad Khatami, ce qui montre d’ailleurs que ce dernier qui a toujours joué le rôle d’un chef “réformiste” dans le sérail, était parfaitement au courant de tous les excès commis en secret.

Une tactique répétée

Les révélations de Tajzadeh lèvent le rideau sur une tactique répétée et vieillie du régime iranien : commettre des crimes atroces et les imputer à l’OMPI pour diaboliser ce mouvement d’opposition.

La tactique avait d’ailleurs été innovée par le fondateur de la République islamique, l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, qui avait accusé l’OMPI d’avoir mis le feu aux champs et aux cultures des agriculteurs iraniens en 1979.

Le scénario a été répété à maintes reprises pendant toutes ces dernières années encore. La propagande de la théocratie a notamment soutenu que l’OMPI a assassiné des Chiites ou des kurdes irakiens, qu’elle a elle-même orchestré des attaques aux missiles contre ses propres bases, etc…

La dernière en date a été la tentative d’attentat contre la conférence annuelle de l’OMPI à paris, le 30 juin 2018 : un véritable fiasco pour les services secrets iraniens : le complot a été déjoué par les services de trois pays européens, la France, la Belgique et l’Allemagne, et quatre agents secrets iraniens ont été interpellés et incarcérés à Bruxelles, dont un diplomate en poste à Vienne. Mohammad Javad Zari, le ministre iranien des Affaires étrangères avait réagi le lendemain, en prétendant que c’est l’OMPI elle-même qui a fomenté le complot, “pour nuire aux relations de l’Iran avec l’Europe” !

L’ampleur de l’absurdité des allégations produites dans ces mise-en-scène contre l’OMPI, sont à la hauteur des craintes que ressent la théocratie de Téhéran, du côté de ce principal mouvement d’opposition.

adcali.com 28 Janvier 2019

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Iran: à l’aube de la nouvelle année, un aperçu de la manifestation de protestation de l’Iran en 2018.

Les manifestants scandent des slogans au vieux grand bazar de Téhéran le 25 juin 2018. (Agence de presse iranienne du Travail, via AP)

L’année 2018 n’a pas été pareille pour le régime iranien, à commencer par des manifestations massives et un soulèvement national. Bien que ces manifestations aient disparu des grands titres des médias, elles n’ont certainement pas cessé.

Ce mouvement en cours a vu le jour avec les manifestations d’opposition les plus sérieuses et les plus importantes depuis 2009, ébranlant les piliers mêmes de ce régime et signalant une société – décrite comme une poudrière – prête à exploser et à mettre fin au régime des clercs. Cela a également envoyé un message à la communauté internationale, en particulier à Washington, sur la vulnérabilité intérieure du régime iranien.

Réticule changeant
En 2009, le guide suprême iranien Ali Khamenei était capable de se démarquer de la colère des manifestants. En 2018, cependant, le peuple iranien a effrontément enlevé ses gants dans ses chants caractéristiques:
«Réformistes, intransigeants, GAME OVER»
«Mort à Khamenei»

Les rues de l’Iran ont atteint leur point d’ébullition en raison de l’accumulation de la politique intérieure, économique et étrangère défaillante du régime. Les Iraniens ordinaires perdent leur pouvoir d’achat et des rapports indiquent que plus de 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

On observe une hypocrisie intéressante de la part de Téhéran dans l’invitation du grand public à une «économie de résistance», tout en continuant leur politique étrangère extrêmement coûteuse consistant à apporter un soutien aux dictateurs et aux groupes terroristes tels que Bashar Assad en Syrie, le Hezbollah libanais et les États-Unis. Houthis au Yémen.

Pendant ce temps, malgré les affirmations du régime iranien et de ses experts basés à l’étranger, la source de leurs misères est parfaitement claire pour le peuple iranien, comme le disent ses slogans significatifs.
«Notre ennemi est juste ici; ils mentent et disent que c’est l’Amérique »

Image plus grande
Mashhad, une ville religieuse du nord-est de l’Iran, a été la rampe de lancement des manifestations de 2018 de l’Iran. Les manifestations portaient au départ sur des dilemmes économiques tels que le chômage, la pauvreté et la flambée des prix.

Depuis lors, les manifestations font boule de neige à travers le pays et frappent aux portes du régime à Téhéran, la capitale. Alors que les manifestants commençaient à viser les politiques économiques mises en œuvre par le gouvernement, Khamenei se sentait dans la chaleur alors que des manifestants – y compris des travailleurs, des étudiants, des enseignants, des camionneurs, des infirmières et des personnes de tous horizons – protestaient au sommet du système politique corrompu du pays. .

Cela révèle la nature très fragile du régime iranien, en particulier lorsque les sanctions américaines ont commencé à resserrer le nœud coulant autour du régime, principalement en ce qui concerne le financement des forces de substitution à travers le Moyen-Orient.

Le peuple iranien n’a jamais bien accueilli la charade de Khamenei pour blâmer ses ennemis, en particulier après avoir vu des milliards de dollars servir à armer des milices sectaires dans la région et à alimenter des guerres jugées impopulaires par le peuple iranien.
«Pas Gaza, pas le Liban, ma vie pour l’Iran»
«Lâchez la Syrie, pensez à nous»

La cause principale
Les sanctions américaines trouvent leur place dans les discours de Khamenei à maintes reprises, en particulier après le retrait par Washington de l’accord nucléaire conclu en 2015 avec l’Iran en mai 2018. La devise iranienne, le rial, s’est effondrée, perdant même plus de 80% de sa valeur. avant la décision historique du président américain Donald Trump. Cela prouve que les politiques du régime, la corruption et la mauvaise gestion économique sont la cause principale des souffrances de la population.

Bien que le régime iranien puisse prétendre le contraire, la crise économique à Téhéran est le résultat de la “dictature corrompue” qui a volé des milliards de dollars au public pour les inciter à dépenser pour ses aventures au Moyen-Orient, sa prolifération de missiles balistiques et son programme nucléaire controversé.

Khamenei a appris ses leçons à la fois en 2009 et en 2018, entendant les gens chanter pour sa chute et voir ses images brûlées dans des ruelles à travers le pays. Une différence radicale en 2018 réside dans la dure réalité que la classe inférieure iranienne – à qui le régime prétend être soutenu – est furieuse contre les mauvaises conditions de vie et réclame des changements.

Les manifestants brandissent des lettres et écrivent «Droits de l’homme» lors d’un rassemblement pour demander la libération de prisonniers politiques en Iran dans le cadre d’une «journée mondiale d’action» à Berlin le 25 juillet 2009. (AFP)
L’ancien maire de Téhéran affirmant indirectement que ce régime ne représente que 4% de la société, les préoccupations de Khamenei sont réelles et sa seule solution est une oppression accrue. Khamenei n’a aucun doute sur qui est derrière ces manifestations.

«Les incidents ont été organisés» et menés par l’opposition de l’opposition iranienne [PMOI / MEK], a-t-il déclaré en janvier, bien qu’il utilise un terme différent. “Le [MEK] s’était préparé à cela il y a quelques mois” et “les médias [du MEK] l’avaient appelé.”

Pour tenter de contenir l’escalade des manifestations, son homologue iranien Hassan Rouhani a demandé au président français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre la PMO / MEK en France, les décrivant comme la force fomentant le conflit en cours. Le président français a refusé.

L’indéniable
Au moment où nous parlons, des gens de tous les horizons rejoignent les rangs de ceux qui protestent contre le régime de ce régime d’une manière ou d’une autre. Même les marchands de bazar, qui ont joué un rôle important dans la révolution de 1979, ont lancé de nombreuses grèves pour exprimer leur opposition au statu quo.

Considéré comme un centre pour les conservateurs dans la politique iranienne, Khamenei ne peut nier que lui et son régime ont perdu le soutien non seulement du bazar, des ouvriers, de ce qui reste de la classe moyenne et… tout en augmentant leur nombre , grandissent également dans la colère. Cela représente une menace indéniable pour le régime au pouvoir en 2019.

Alors que les États-Unis intensifient leurs sanctions contre Téhéran, le mois de mai marque la fin des six mois de levée de l’embargo sur le pétrole accordées à huit pays importateurs de pétrole iranien. Si Washington décidait de resserrer la vis sur Téhéran, les malheurs économiques du régime seraient une avalanche.

Les dirigeants iraniens au pouvoir pourraient tenter de sauver la face avec des revendications telles que la fermeture du détroit d’Hormuz dans le golfe Persique, où transite un tiers des exportations de pétrole dans le monde. Pendant tout ce temps, Khamenei et les gardiens de la révolution sont pleinement conscients du feu qui couve des manifestations dans l’épicentre de toutes les grandes villes du pays.

Ce qui est certain pour 2019 est le fait que le peuple iranien se rendra compte que son régime s’affaiblit. Cela enhardira leurs revendications et augmentera le nombre et la géographie des manifestations à travers l’Iran.

La force la plus puissante
Plus il y a de manifestations en Iran, plus la communauté internationale réalisera que le régime s’affaiblit au point de ne pas revenir. À mesure que l’isolement économique de Téhéran s’intensifie, plus la population verra s’ouvrir des fenêtres de grandes manifestations.

C’est une formule mortelle pour le régime iranien, évoluant et se développant de 2018 à 2019, faisant de ces 12 prochains mois une année de développements prometteurs pour le peuple iranien.

Plus Téhéran continuera longtemps sa chute libre dans la crise économique, plus les manifestations en cours se transformeront en la force la plus puissante pour opérer un changement significatif en Iran.

Par Heshmat Alavi Spécial à Al Arabiya Anglais Mardi,

adcali.com 1 January 2019

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Iran : Le tsunami de la pauvreté

Quand la violence ne peut plus stopper cette avalanche qu’est la gronde d’un peuple qui ne supporte plus le pouvoir en place, c’est le début de la fin
” L’avalanche de fléaux sociaux s’abat sur l’Iran et ses signes sont déjà visibles “, a affirmé Mohsen Hachemi Rafsandjani, le 15 août.

” Aujourd’hui, la pauvreté s’abat sur l’Iran comme un tsunami”, ajoute le chef du conseil municipal de Téhéran.

Rafsandjani, le fils de l’ancien président du régime iranien, fait partie de l’élite riche du pays et n’a certainement pas personnellement ressenti les retombées des misères économiques de l’Iran. Mais même lui, il sait à quel point la situation est désastreuse.

“Selon nos estimations, plus d’un tiers de la population se trouve sous le seuil de pauvreté et un dixième de la population se trouve sous le seuil de pauvreté absolue”, reconnaît Rafsandjani, dans un entretien avec le journal Arman.

L’Iran menacé par la famine

Les termes tels que “ligne de pauvreté” et “pauvreté absolue” sont devenus monnaie courante dans l’Iran des mollahs, bien que les médias officiels fournissent toujours les estimations les plus optimistes.

Le peuple iranien, en particulier les couches les plus défavorisées de la population, paie le tribut de la mauvaise gestion de l’économie par le régime. Selon le gouvernement, les travailleurs iraniens ont perdu plus de 72 % de leur pouvoir d’achat. On ne parle plus de pauvreté et de pauvreté absolue : c’est la famine.

Un responsable du régime iranien a récemment admis : ” Le gouvernement et ses fonctionnaires sont confrontés à une population de 60 millions d’habitants au bord de la famine. Ce n’est pas une blague, c’est la triste vérité. Nous devons le prendre au sérieux.”

Que sont devenues les ressources de l’Iran ?

Selon les chiffres du régime iranien, l’Iran a 66 milliards de dollars de revenus de ses exportations pétrolières et 32,3 milliards de dollars de ses exportations non pétrolières. Où est passé tout cet argent ?

Le silence est de vigueur face à cette question qui revient souvent. La seule réplique des autorités aux manifestants qui protestent contre la corruption et la mauvaise gestion économique, est la violence et la répression.

Ce n’est qu’à travers les luttes intestines du sérail que certains détails de la corruption surgissent.

” Au cours des 40 dernières années, environ 200 familles ont détourné le destin de ce pays et elles passent de la tête d’un ministère à l’autre et d’un poste de pouvoir à l’autre “, a révélé un député, Hedayatollah Khademi.

Ces 200 familles constituent l’élite dirigeante du régime iranien.

Chaque faction du régime pointe du doigt l’autre, tandis que toutes sont complices du pillage des richesses du peuple iranien.

La hausse des prix et leurs retombées sur les conditions de la vie

Le smic est officiellement de 11,14 millions de rials/mois (environ 230 €). Or, les besoins mensuels d’une famille ont été évalués officiellement à 27 millions de rials (environ 560€), soit plus que le salaire d’un seul travailleur. En réalité il est impossible de vivre avec un revenu en dessous de 46,5 millions de rials (environ 970€) par mois, ce qui signifie que les familles de travailleurs peuvent à peine subvenir aux besoins les plus élémentaires et que leur revenu représente le quart du seuil de pauvreté réel.

Ajoutons à cela un taux de chômage de 25,5% parmi les jeunes de 15 à 29 ans et nous aurons un meilleur aperçu du chaos.

Selon la Banque centrale du régime iranien, le prix des produits laitiers a augmenté de 18,3 % la semaine dernière par rapport à la même période l’an dernier, le prix des œufs a augmenté de 36,6 %, celui du riz de 9,9 %, des haricots de 1,3 %, des fruits frais de 64,3 %, des légumes frais de 17,7 %, de la viande rouge de 29 %, de la volaille de 14,3 %, du sucre de 2,7 %, du thé de 19,2 % et de l’huile végétale de 10,9 %.

Un tsunami

Comme le reconnaît Mohsen Hachemi Rafsandjani, ” la pauvreté s’abat sur l’Iran comme un tsunami”. La seule réponse des 200 familles qui règnent l’Iran, à commencer par celle du Guide suprême Ali Khamenei, au dilemme croissant de la société (la faim) est le recours à la force. Les protestations croissantes des diverses couches de la société qui continuent depuis huit mois, ont révélé les limites de cette réplique. Quand la violence ne peut plus stopper cette avalanche qu’est la gronde d’un peuple qui ne supporte plus le pouvoir en place, c’est le début de la fin.
adcali.com 24 août 2018

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Iran : Amnesty réclame la libération des manifestants arrêtés.

Amnesty International appelle les autorités iraniennes de libérer tout individu détenu uniquement pour des raisons pacifiques
Après une vague d’arrestations massives en réponse à des manifestations largement pacifiques à travers l’Iran au cours de la semaine dernière,

Amnesty International appelle les autorités iraniennes de libérer tout individu détenu uniquement pour des raisons pacifiques, indique un communiqué de l’organisation à Londres, le 8 août 2018.

L’organisation humanitaire réclame aussi ” une enquête rapide, impartiale et indépendante ” sur l’assassinat d’un manifestant à Karaj, au nord-ouest de la capitale, Téhéran, le 3 août 2018.

Amnesty réclame encore la protection de tous les détenus contre la torture et autres mauvais traitements et la révélation du sort et de l’endroit où se trouvent des dizaines de détenus dont les familles n’ont pas eu de nouvelles depuis leur arrestation. Parmi les personnes détenues et exposées à la torture et à d’autres mauvais traitements, l’Amnesty cite le nom de Nader Afshari, qui a été arrêté par des agents du ministère du Renseignement le 1er août 2018 dans la ville de Karaj, au nord-ouest de Téhéran, et dont on ne sait pas où il se trouve.

Nouvelle vague de protestations

Selon le même communiqué d’Amnesty, Les manifestations généralisées en Iran se sont intensifiées au cours de la semaine écoulée en Iran.

Des protestations ont commencé dans la ville d’Ispahan, au centre de l’Iran, le 31 juillet 2018, avant de se propager rapidement à d’autres villes dans une grande partie du pays, y compris Karaj, Racht et Téhéran dans le nord ; Mashhad dans le nord-est ; Arak, Ahwaz et Kermanshah à l’ouest ; et Chiraz et Kazeroun au sud.

Depuis le 31 juillet 2018, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leurs mécontentements.

Les difficultés économiques de l’Iran sont dues en partie à l’inflation élevée et à la forte dévaluation de la monnaie iranienne.

Cependant, dans des scènes désormais familières, des douzaines de vidéos qui ont été partagées sur les médias sociaux montrant aussi des manifestants scander des slogans hostiles à l’autoritarisme et en particulier au Guide suprême, Ali Khamenei.

adcali.com 11 août 2018

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Iran: L’étudiante bahá’íe Sogol Zabihi a été privée de poursuivre ses études.

L’étudiante bahá’íe Sogol Zabihi a été privée de poursuivre ses études. Elle était étudiante de premier cycle en graphisme à l’Université Rasam de Karaj, qui a été renvoyée de l’école pour sa foi.

L’étudiante bahá’íe Sogol Zabihi Sisan visitait le site Web de l’université pour obtenir sa carte d’entrée à l’examen, lorsqu’elle a appris qu’elle ne pouvait pas entrer. Après avoir fait un suivi auprès des responsables de l’université, elle a été informée qu’elle ne pouvait pas poursuivre ses études parce qu’elle était baha’ie.

L’étudiante bahá’íe Sogol Zabihi a ensuite demandé à l’organisation d’évaluation de suivre son cas, où un fonctionnaire nommé Na’imaii lui a dit qu’elle n’était pas qualifiée pour étudier parce qu’elle était baha’ie.

Auparavant, Soha Izadi, étudiante en technologie de l’information à l’Université de Zanjan, avait été renvoyée de l’école pour être Bahaii. Né en 1997, Soha Izadi a été admis à l’Université des sciences fondamentales de Zanjan en 2015 et a passé 150 unités. Elle a été renvoyée de l’école en mars 2018 alors qu’elle n’avait qu’une année de plus pour terminer ses études et obtenir son diplôme.

Le 14 mars 2018, des responsables du département de l’éducation de l’université ont contacté Soha Izadi à la veille des examens d’hiver et l’ont informée qu’elle ne pouvait pas poursuivre ses études et que la seule façon pour elle de retourner à l’école était de la renoncer foi et déclarer par écrit aux responsables de l’université qu’elle ne croit plus à la foi bahá’íe.

L’année dernière, au moins 23 filles de religion baha’ie ont été renvoyées des universités iraniennes et privées de la poursuite de leurs études.

Les bahá’ís sont privés d’éducation dans les universités iraniennes sur la base du paragraphe 3 du projet de loi ratifié par le Conseil Suprême de la Révolution Culturelle en mars 1991 qui a également été approuvé par le chef suprême des mollahs, Ali Khamenei. au bahaiisme, que ce soit au moment de l’admission ou pendant ses études, il doit être privé d’éducation. ”

adcali.com 2o juillet 2018

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“Le danger du renversement est sérieux”.

Les divers officiels du pouvoir iranien ne cessent de répéter leurs craintes vis-à-vis de la probabilité d’une nouvelle révolte qui pourrait entraîner la chute du régime. Pour une fois, les deux premiers personnages de la théocratie iranienne, le Guide suprême Ali Khamenei, et le président Hassan Rouhani, ne se privilégient pas dans ces mises-en-garde répétées.

Lors d’une intervention devant les députés du Majlis (Parlement), Khamenei a averti que ” le Majlis ne devrait pas devenir un symbole de l’hésitation, de l’auto sous-estimation, du désespoir, de l’indifférence et du laxisme envers les problèmes du pays”. Le n°1 de la dictature religieuse a ainsi pilonné les députés pour leur déception concernant les capacités du pouvoir à sortir des crises qui l’engloutissent.

En dehors des premiers personnages du régime, le courant dit “réformiste” ne cesse de répéter que la société iranienne est devenue une poudrière. Mohammad Reza Tajzadeh, figure emblématique de ce courant est explicite quant à l’intention de ce dernier de maintenir en place la République islamique. ” Toute pensée ou mouvement qui affaiblirait le pouvoir est potentiellement dangereux “, dit cet ancien ministre de l’Intérieur qui avertit que le pouvoir en place se trouve ” dans une passe fragile “.

“Dans aucun autre tournant dans le passé, le pouvoir n’a été confronté à un tel amas de problème “, reconnaît-il.

“La société est devenu totalement incoercible “, affirme pour sa part Mohammad Reza Tajik, un stratégiste de l’ancien président “réformiste” Mohammad Khatami.

“Le moindre problème peut dégénérer sur une révolte “, ajoute Tajik.

“On entend le bruit du brisement des os de la société “, écrit par ailleurs le site web Bahar qui relaie les positions de l’ancien président ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad. La même source souligne que les mesures prises pour réprimer une société en pleine effervescence sont restée vaines, avant de reconnaître que ” la société est en train de se débattre pour ouvrir une nouvelle issue “.

Autant dire que tous les clivages sont d’accord sur les circonstances dangereuses pour l’avenir de la République islamique. Les avertissements se suivent et se ressemblent pour répéter que la société iranienne est à l’heure de l’explosion.

Pour une fois, il faut prendre au sérieux les récents propos de l’Ayatollah Ahmad Jannati, même si le président du Conseil des Gardiens, l’une des principales institutions du régime, est par ailleurs un sujet de moquerie dans la société iranienne. ” Le danger du renversement du pouvoir est sérieux… Je crains l’année qui vient “, a dit Jannati, après les soulèvements de décembre et janvier dernier.