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Iran – droits de l’Homme : 33 ans de prison et 148 coups de fouet pour la célèbre avocate Nasrin Sotoudeh.

La célèbre avocate Nasrin Sotoudeh, en compagnie de son mari, Reza Khandan, et de ses deux enfants.

Iran – droits de l’Homme :
33 ans de prison et 148 coups de fouet pour la célèbre avocate Nasrin Sotoudeh.

“Nasrin Sotoudeh a été condamnée à cinq ans de prison pour conspiration contre le système et à deux ans pour avoir insulté le Guide” suprême Ali Khamenei, a déclaré le juge Mohammad Moghiseh, à la tête de la cour révolutionnaire n°28 de Téhéran, a rapporté lundi l’agence de presse semi-officielle Isna.

La cour “a tenu une audience pour ce procès à laquelle ma cliente n’était pas présente et nous avons finalement compris que la cour l’avait condamnée par contumace”, a affirmé à l’agence de presse officielle Irna, Mahmoud Behzadi-Rad, l’un des avocats de Nasrin Sotoudeh. Mahmoud Behzadi-Rad n’a pas précisé la date de l’audience, ni s’il y était présent.

Mais, selon son mari, Reza Khandan, il y a d’autres peines de prison qui ont été prononcées à l’encontre de cette militante des droits de l’homme, soit au total 33 ans d’emprisonnement et 148 coups de fouet pour sept chefs d’accusation.

La déclaration du juge contredit aussi les informations communiquées à Nasrin Sotoudeh par le bureau chargé de l’application des peines dans la prison d’Evin. Il est possible que le juge ait fait allusion aux seules peines prononcées contre elle pour deux de ses sept chefs d’accusation.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, Amnesty International qualifie la condamnation de cette ” éminente avocate iranienne des droits humains et défenseure des droits des femmes […] à 33 ans de prison et 148 coups de fouet ” d’” injustice scandaleuse ” et demande qu’elle soit ” libérée immédiatement “.

” Nasrin Sotoudeh, écrit Amnesty, a consacré sa vie à la défense des droits des femmes et à la dénonciation de la peine de mort. Il est scandaleux que les autorités iraniennes la punissent pour son travail en faveur des droits humains. Sa condamnation renforce la réputation de l’Iran en tant qu’oppresseur cruel des droits de la femme “.

Amnesty International rappelle que le juge Mohammad Moghiseh a appliqué la peine maximale prévue par la loi à chacun de ses sept chefs d’accusation. L’article 134 du code pénal iranien autorisant les juges à utiliser leur pouvoir discrétionnaire pour infliger une peine plus élevée que celle prévue par la loi lorsque le défendeur fait l’objet de plus de trois chefs d’accusation, le juge lui a infligé quatre années supplémentaires à sa peine totale de prison, la faisant passer du maximum statutaire de 29 à 33 ans.

Âgée de 55 ans, Nasrin Sotoudeh a été arrêtée en juin 2018. Elle a défendu des journalistes, des activistes et des opposants arrêtés lors des grandes manifestations de 2009 contre la réélection contestée de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Nasrin Sotoudeh avait elle-même passé trois ans en prison entre 2010 et 2013 pour action ” contre la sécurité nationale ” et ” propagande contre le régime “.

En 2012, elle a reçu le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit par le Parlement européen. Avant son arrestation en juin 2018, elle a pris la défense de plusieurs femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public afin de protester contre le port obligatoire du voile depuis la révolution islamique de 1979.

“L’affaire a été transmise à la cour d’appel”, a indiqué le juge Mohammad Moghiseh à Isna.

(Avec AFP et RFI)

adcali.com 12 mars 2019

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Femmes Iran : Emprisonnée pour s’opposer au voile obligatoire,elle fait une grève de la faim.

Une femme emprisonnée pour la deuxième fois en Iran, dans le cadre d’une mesure extrajudiciaire, pour avoir protesté contre le voile obligatoire, a entamé une grève de la faim.

Mme Shaparak Shajarizadeh a été arrêtée le 8 mai 2018, avec son fils de 9 ans, dans la ville de Kachan, dans la province centrale iranienne d’Ispahan.

Son fils a été libéré quelques heures plus tard, mais elle est toujours écrouée.

Mme Shajarizadeh sera jugée le 10 juin à Téhéran pour “violation du voile (obligatoire)” et “promotion de la corruption”.

Les Iraniennes font immédiatement l’objet d’arrestations violentes et de détentions si elles ne se conforment pas au code vestimentaire et au voile obligatoire, tandis que ceux qui ont attaqué des femmes à l’acide et qui volent les économies des épargnants dans des établissements de crédit financiers corrompus ne sont jamais sanctionnés et restent en liberté.

les organisations internationales et les autorités défendant les droits humains et les droits des femmes à prendre des mesures urgentes pour la libération immédiate et inconditionnelle de ces femmes.

adcali.com 17 Mai 2018
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Le cri de détresse des Iraniennes, la France doit l’entendre en cette journée internationale des droits des femmes 2018

Pour la journée internationale des droits des femmes

Alors que la théocratie iranienne allait célébrer son 39ième anniversaire, le monde était témoin de l’ébranlement de ses fondations à travers les manifestations de décembre et janvier dernier, rappelant à tous que ce régime avait dévoyé les idéaux de la révolution iranienne qui avait renversé l’ordre monarchique millénaire. C’était donc une nouvelle dictature, cette fois au nom de la religion, que les Iraniens ont obtenue.

Le mouvement déclenché le 28 décembre dernier était d’abord “une révolte de la faim” d’un peuple étranglé par le désastre économique et la corruption du régime. Mais, très vite, il a pris une tournure politique pour revendiquer la fin de la tyrannie, rejetant tous les clans qui ont contribué à perpétuer ce régime, les soi-disant modérés comme les conservateurs.

La répression fut brutale et on a déploré des dizaines de tués, dont douze en détention sous la torture. Plusieurs milliers de manifestants furent arrêtés. Amnesty international a alerté sur les dangers que courent “les manifestants pacifiques qui se trouvent maintenant en prison, où leurs conditions de vie sont pitoyables et la torture est un moyen commun pour obtenir des aveux et punir les dissidents.” Cinq étudiantes de l’université de Téhéran, Yasamin Mahboobi, Soha Mortezaii, Faezeh Abdipour, Leila Hosseinzadeh, Negin Arameshi, ont été incarcérées et les familles des étudiantes détenues craignent pour leur sécurité.

Alors que nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale des femmes, il est important de rappeler le combat courageux des Iraniennes qui résistent à un régime dont un trait principal est sa misogynie et son opposition à la notion d’égalité entre les hommes et les femmes.

Indiscutablement, les femmes ont joué un rôle remarquable dans ce sursaut citoyen qui a commencé à Machhad, deuxième ville du pays, et s’est répandu comme un feu de forêt à quelque 140 villes. Elles ont été nombreuses et offensives dans ces manifestations qui ont marqué une étape nouvelle dans le mouvement irréversible pour le changement en Iran. Les vidéos tournées dans les manifestations et mises en ligne par les opposants, ont mis en évidence leur leadership courageux. A Qom ou Hamedan, elles ont été les premières à lancer le slogan de “Mort au dictateur, mort à Khamenei”, alors même que l’outrage au Guide suprême des mollahs est sévèrement sanctionné. Des clips tournés à la hâte montrent des jeunes femmes braver le pouvoir dans des confrontations avec les brigades anti-émeutes à Ispahan, Arak, Kermanchah, Zanjan, Ahvaz…

Il faut dire que les Iraniennes ont de nombreuses raisons de se révolter contre le système islamiste.

D’abord, elles subissent au quotidien avec l’imposition d’un code vestimentaire strict, renforcé par une police des mœurs qui n’hésite pas à user de violences et d’humiliations.

Les militantes des droits des femmes sont nombreuses à dénoncer cette discrimination systématique: autorisation des maris pour voyager, travailler et suivre des cours à l’université, dont certains cursus leur sont par ailleurs refusés; divorce délibérément entravé par les obstacles juridiques même en cas de violences conjugales etc…

Pas surprenant que le World Economic Forum classe l’Iran en 140e position sur 144 pays en matière d’émancipation politique et économique des femmes. Ce triste constat n’est pas le fruit des traditions iraniennes mais le résultat d’un choix politique dont le but est de pérenniser un système patriarcal aux antipodes des aspirations d’émancipation d’un peuple cultivé et moderne.

Le mouvement qui s’est amorcé en Iran est un cri sorti des limbes. Si le régime obscurantiste s’acharne à réprimer la colère de la rue, il ne peut en effacer les causes. Aucun peuple ne peut être condamné à perpétuité aux ténèbres.

C’est dans ce contexte que s’est tenue en février dernier à Paris une formidable manifestation de solidarité de la part d’éminentes femmes militantes venues du monde entier en soutien aux résistances iraniennes dont l’emblématique Maryam Radjavi. Ce soutien était un signal fort à destination des Iraniennes de l’intérieur en lutte pour leurs libertés.

C’est ce combat pour la lumière que les démocrates du monde entier doivent soutenir. La France ne peut rester indifférente face à ce cri de détresse. Elle doit commencer par agir pour obtenir la libération des manifestants emprisonnés.

À voir également sur Le HuffPost:
https://www.huffingtonpost.fr/rama-yade/le-cri-de-detresse-des-iraniennes-la-france-doit-lentendre-en-cette-journee-internationale-des-droits-des-femmes-2018_a_23379578/