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ouveau chef du pouvoir judiciaire iranien : droits de l’homme en danger.

’histoire se répète. Le régime iranien a de nouveau nommé un criminel à la tête du ministère de la Justice. Après la nomination de Alireza Avaïe l’année dernière, cette année, il s’agit d’Ebrahim Raïssi. Les deux hommes, rappelons-le, sont tenus pour responsables des terribles massacres de 1988 en Iran et n’ont toujours pas été traduit en justice.

En 1988, plus de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés à la suite d’une fatwa de Khomeiny.
. Des « commissions de la mort » ont été mises en place et toute personne affiliée à l’opposition était systématiquement exécutée. Si les personnes arrêtées n’avaient pas été exécutées, la révolution aurait certainement pris un autre tournant.

Membre de ces tristement célèbres commissions, Ebrahim Raïssi est l’un des auteurs de ces massacres. À l’époque, il était Procureur adjoint de Téhéran et directement responsable de l’exécution des détenus à la prison de Téhéran. Des témoins affirment que des prisonniers mineurs et des femmes en enceintes ont été pendus par groupes de deux ou trois dans une zone isolée derrière la cour de la prison sur ses ordres. À ce jour, Raïssi a toujours refusé de faire des commentaires publics sur ses exactions.

Cet événement a été décrit comme le crime contre l’humanité le plus atroce commis depuis la Seconde Guerre mondiale par de nombreuses ONG, y compris Amnesty International.

’impunité des criminels
Ce nouveau ministre de la Justice mais aussi ex candidat à la présidence apparaît également dans une liste des responsables du massacre de 1988 publiée dans un rapport de l’ONG britannique « Justice for Victims of 1988 Massacre in Iran » présenté à Genève lors d’une conférence en 2016.

On constate que l’inaction et l’insensibilité de la communauté internationale vis-à-vis de cet événement dramatique ont permis au régime iranien de continuer à violer le droit international et les droits humains. L’inaction de la communauté internationale à enquêter sur ce crime atroce a fourni un terreau propice à une culture de l’impunité pour les mollahs au point que les responsables de ces « commissions de la mort » sont aujourd’hui ceux qui se présentent à l’élection présidentielle ou sont nommés ministre de la Justice. Ebrahim Raïssi, en est le parfait exemple.

On ne sait toujours pas aujourd’hui combien de victimes ont été exécutées et où ces dernières ont été enterrées en secret. En effet, les autorités ont déployé diverses tactiques pour détruire les preuves.

Ce qui s’est passé dans les prisons iraniennes en 1988 laisse une marque indélébile dans la mémoire collective du peuple iranien. La seule façon de l’effacer serait une enquête approfondie pour identifier ceux qui ont abusés de leur pouvoir pour exécuter des milliers d’opposants politiques. Sans une action internationale visant à définir les responsabilités de chacun lors du massacre de 1988, la détérioration de la situation déjà terrible des droits humains en Iran continuera.

La société civile conteste
Depuis l’été 2016, la société civile iranienne défie le gouvernement en discutant ouvertement du massacre de 1988 et demande justice, en vain.

Par ailleurs, on observe des manifestations grandissantes contre le pouvoir théocratique. Le régime iranien tente par tous les moyens d’enrayer ces soulèvements en faisant de la répression de masse. Avec plus de 7.000 arrestations de dissidents, 2018 est une « année de la honte » pour l’Iran, a dénoncé Amnesty International le mois dernier.

Avec la nomination de Ebrahim Raissi à la plus haute autorité de la Justice, la répression va s’accentuer davantage. Dans les milieux politiques iraniens, on dit que sa nomination vise à supprimer l’opposition. Ses derniers propos sont inquiétants et semblent valider les bruits de couloirs : « La personne la plus sage de ces derniers siècles était l’imam Khomeiny qui avait ordonné de tuer tous ceux qui avaient des idées hypocrites. Aujourd’hui aussi, si nous trouvons des membres du NCRI [Conseil national de la Résistance iranienne], nous ferons la même chose avec eux », a-t-il déclaré.

Hamid Enayat

adcali.com 27 mars 2019

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Iran: Khamenei a gracié Saeed Mortazavi, connu comme le boucher de la presse, et l’assassin de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi.

Le Guide Suprême des mollahs, Ali Khamenei, a gracié l’homme responsable de la torture, du viol et du meurtre de milliers de dissidents en Iran. L’ancien Procureur général de Téhéran, Saied Mortazavi, surnommé le « boucher de la presse », a été formellement accusé comme étant le « principal coupable » dans le scandale du centre de détention de Kahrizak, où des manifestants contestant l’élection iranienne de 2009 ont été torturés, violés et tués, mais il n’a jamais été condamnés. En fait, on sait peu de choses sur le procès à huis clos qu’il aurait subi et il n’a jamais été condamné.

Des rapports indiquent également que Mortazavi est l’homme derrière le viol, la torture et la mise à mort de la photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi en 2003, lorsqu’elle s’est rendue en Iran pour photographier des manifestations en Iran.

Le Majlis (Parlement des mollahs) a publié plus tard la même année un rapport dans lequel il accusait Mortazavi d’avoir tenté de dissimuler la mort de Kazemi et d’avoir forcé des témoins à modifier leurs récits des événements, et à ce jour, le gouvernement canadien soutient que Mortazavi a ordonné l’arrestation de Kazemi, supervisé sa torture et était présent quand elle est morte.

Et Kazemi est loin d’être le seul journaliste visé par Mortazavi. Reporters sans frontières explique que plus de 250 journalistes ont été emprisonnés sous sa direction et que beaucoup d’autres ont été convoqués. En 2005, les journalistes qui ont témoigné avoir été torturés sur ordre de Mortazavi ont commencé à recevoir des menaces de mort.

Pour tout cela et plus encore, l’Union européenne a sanctionné Mortazavi en tant que violateur des droits de l’homme.

Mais Mortazavi n’a jamais été inculpé ni condamné pour torture, viol ou meurtre de dissidents ou de journalistes. Au contraire, il a été inculpé d’infractions à la sécurité sociale à l’époque où il était le chef de l’Organisation de la sécurité sociale et a été condamné à 70 coups de fouet pour « brigandage de biens publics » et 65 autres pour « négligence du devoir et gaspillage des biens de l’État ».

Il a été gracié sur les deux chefs d’accusation par Khamenei, selon l’agence de presse officielle ISNA.

Le régime des mollahs a une longue histoire de protection de ceux qui violent les droits humains. Comment expliquer autrement que certains des auteurs du massacre en 1988 de 30 000 prisonniers politiques occupent encore des postes de haut rang dans le régime ? Il s’agit notamment du chef du pouvoir judiciaire récemment nommé, Ebrahim Raïssi, qui a été membre de la Commission de la mort de Téhéran.

adcali.com 10 mars 2019.