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Iran – sports : Quand les stars du football iranien défient le Guide suprême.

De droite à gauche : Vouria Ghafouri, Ali Karimi, Alireza Jahanbakhsh, Mehdi Rahmati, Sardar Azmoun, Kaveh Rezaei, Shojae Khalilzadeh et Hossein Mahini. Autant de stars du foot iranien qui viennent de défier le régime en place.
Tout a commencé par une réaction de Vouria Ghafouri, l’arrière gauche de la sélection nationale iranienne et du club d’Esteghlal, aux propos du ministre des Affaires étrangères, sur les ingérences de l’Iran dans le Moyen-Orient.

“Nous sommes fières de subir des pressions pour notre soutien à la résistance en Syrie, en Palestine, en Irak et au Liban”, avait notamment dit Mohammad Javad Zarif.

La pilule a été difficile à avaler au footballeur qui a réagi dans un poste sur son Instagram : “M. Zarif, vous dîtes que vous subissez des pressions pour la Palestine, le Liban, le Yémen et la Syrie. Sachez que ce n’est pas vous qui subissez des pressions, c’est le commun des Iraniens qui subit les pressions”.

Le défenseur de l’équipe nationale est même allé plus loin dans une interview avec la Télévision d’État, Irib, dans laquelle il a dit : “Dans leurs interviews, les dirigeants du pays tiennent des propos qui reviennent à mettre du sel sur la plaie du peuple”.

“Alors que tout le peuple est sous pression, ils disent des choses qui empirent la situation”, a ajouté Vouria Ghafouri. Le journaliste qui l’interroge est choqué par ce courage et lui demande s’il n’a pas peur des représailles après ces propos ?. La réplique : “Pourquoi devrai-je avoir peur ? Je n’ai rien dit de mal pour avoir peur ! C’est la vérité.”

Ali Karimi, une star très populaire du foot iranien, aujourd’hui coach de Sepidroud de la ville de Racht (nord de l’Iran), n’a pas non plus laissé Zarif sur sa fin. “Quand vous dîtes nous subissons des pressions, de qui parlez-vous exactement ? Nous ou vous ? “, écrit-il dans son Instagram, non sans un zèle mêlé à l’humour. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que Karimi s’en prend au pouvoir en place en Iran. Il a déjà dénoncé à plusieurs reprises la corruption du système.

La riposte du Guide suprême et la contre-attaque des footballeurs

Ali Khamenei, a riposté à ces assauts verbaux lors de son discours, lundi 18 février, sans nommer les deux footballeurs. “Ceux qui profitent de la sécurité qui prévaut dans le pays pour exercer leur métier ou faire du sport, ne sont pas reconnaissant”, a déploré le Guide suprême.

Ces propos relayés aussitôt après le discours, ont été supprimé dans le reportage final que reprennent l’Irib et les médias d’État. L’agence de presse officielle Fars a quant à elle supprimé de son Twitter, la partie “faire du sport” de la riposte de Khamenei.

Il faut se mettre à l’évidence que Khamenei n’a pas osé confronter directement les deux stars, surtout que les médias sociaux iraniens ont manifesté un large soutien à la réaction de ces deux footballeurs aux propos de Zarif.

Mais le lendemain, le Comité disciplinaire du ministère des sports du cabinet de Hassan Rouhani a convoqué Vouria Ghafouri. La raison de cette convocation n’a pas été dévoilée, mais les médias sociaux ont eu du mal à ne pas l’attribuer aux récentes diatribes du défenseur de l’équipe nationale.

D’autres joueurs de renom sont alors entrés en scène pour défendre Ghafouri. Alireza Jahanbakhsh, qui évolue dans le milieu de terrain de Brighton & Hove Albion a réagi dans un poste sur son Instagram. “Les hommes authentiques n’ont jamais peur de dire la vérité “, écrit l’ailier de la sélection nationale sous une photo de son ami Ghafouri.

D’autres joueurs ont défilé sur les médias sociaux pour souligner leur soutien à leurs confrères, notamment Sardar Azmoun, l’avant-centre de Zénith Saint-Pétersbourg, Kaveh Rezaei qui évolue au Club Bruges KV en Belgique, Mehdi Rahmati, le gardien de but du club Esteghlal de Téhéran, et deux joueurs du Club Persépolis de Téhéran, Shojae Khalilzadeh et Hossein Mahini.

Combien de buts à zéro en faveur des footballeurs iraniens ?

adcali.com 20 févreir 2019

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Carlos Queiroz : C’est le Qatar qui a payé tous les frais de la sélection nationale iranienne.

Carlos Queiroz a décidé de passer le relais et quitter la sélection nationale iranienne, après une lourde défaite devant le Japon (3-0) en demi-finale de la Coupe des Nations d’Asie, le 28 janvier dernier.
Dans une révélation choquante, l’entraîneur sortant de l’Iran, Carlos Queiroz, a révélé que la participation de l’équipe nationale d’Iran à la Coupe des nations d’Asie 2019 n’a été possible que grâce à l’aide financière fournie par l’Association de football du Qatar (QFA)!

Le manque d’assistance financière du gouvernement iranien à l’équipe nationale de football a toujours été un sujet de polémique au cours de ces dernières années, mais sa véritable ampleur est devenue évidente après l’entretien de l’ancien coach portugais de l’équipe nationale iranienne avec Fox Sports, la filiale de la compagnie de télévision Fox spécialisée dans la retransmission d’émissions sportives aux États-Unis.

” Sans le QFA, nous n’aurions rien! “, s’exclame Queiroz lors de cet entretien. ” La préparation et les matches amicaux – pas possible. Ils [les qataris] ont tout payé ; l’Iran n’avait rien.”,

” Pour notre dernier match – ils ont payé le stade, le terrain et les deux équipes. Le Qatar a tout payé parce que l’Iran n’a rien – Zéro! “, Queiroz, qui avait notamment présidé aux destinées de Manchester United, du Real Madrid et de l’équipe nationale du Portugal, avant de diriger la Team Melli (l’équipe nationale iranienne) depuis 2011.

” Beaucoup de sentiments négatifs en ce moment “, ajoute le Portugais de 65 ans qui évoque les obstacles qui se sont dressés devant lui en Iran. ” Je devais travailler pour garder cette équipe, les joueurs et le personnel ensemble. La réalité est que ce n’est pas facile. ”

Carlos Queiroz a décidé de passer le relais et quitter la sélection nationale iranienne, après une lourde défaite devant le Japon (3-0) en demi-finale de la Coupe des Nations d’Asie, le 28 janvier dernier aux Émirats arabes unis.

” Mehdi Taj [le président de la Fédération du football d’Iran] m’a fait savoir que le gouvernement et le ministre des sports avaient des problèmes avec ma présence “, avait par ailleurs déclaré le Portugais avant de quitter l’Iran, lors d’un entretien avec Khabar Varzeshi, un quotidien des sports.

Contrairement à ses sentiments négatifs vis-à-vis du gouvernement iranien, Queiroz a fait l’éloge de ses joueurs avant de quitter le pays : ” Ils l’ont fait pour le peuple. Ils ont envoyé un message au reste du monde que les Iraniens méritent d’être vus différemment. C’est une chance pour la liberté.”

adcali.com 3 Févrie 2019